John bompengo John bompengo / The Associated Press

KINSHASA, République démocratique du Congo — Au moins 44 personnes ont été tuées en deux jours d’affrontements entre forces de sécurité et manifestants opposés au report de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC).

Les quartiers généraux de cinq partis d’opposition ont été attaqués et de nouveaux affrontements entre les opposants au président Joseph Kabila et les forces de sécurité ont éclaté dans les rues.

Des centaines de personnes étaient descendues lundi dans les rues de la capitale, Kinshasa, après l’annonce du report de l’élection présidentielle prévue prochainement. Un tribunal a déterminé que M. Kabila pouvait demeurer au pouvoir jusqu’à l’élection du prochain président.

Des observateurs se demandent depuis plusieurs mois si l’élection présidentielle prévue le 27 novembre pourra avoir lieu. La commission électorale du pays a prévenu que les listes d’électeurs ne seraient pas prêtes avant juillet 2017 et a officiellement demandé le report du vote en fin de semaine.

Certains voient ce report comme une tentative du président Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la date prévue de la fin de son mandat, en décembre.

Des coups de feu ont été entendus dans les rues de Kinshasa mardi. L’organisation Human Rights Watch a reçu des informations fiables de témoins selon lesquelles les forces de sécurité ont tué au moins 37 civils, a affirmé la chercheuse Ida Sawyer, spécialiste de la RDC.

Mme Sawyer a soutenu par courriel que la plupart des civils avaient été tués lorsque les forces de sécurité ont tiré dans la foule, et que d’autres étaient morts dans les incendies des quartiers généraux de l’opposition.

Les manifestants ont tué au moins six policiers et un partisan du parti de M. Kabila, a-t-elle ajouté, disant que les manifestants avaient aussi brûlé et pillé plusieurs commerces et postes de police.

Le bureau des droits de la personne des Nations unies a fait état de signalements d’un «usage excessif de la force» par les troupes fidèles à M. Kabila, ainsi que par des manifestants.

L’Union européenne, la France, les États-Unis et les Nations unies ont lancé des appels au calme et réclamé l’organisation rapide d’un scrutin présidentiel.

La RDC, un pays aux ressources naturelles considérables, mais dont la majorité de la population vit dans une grande pauvreté, a subi une violente guerre civile jusqu’en 2003, et son instabilité politique a souvent provoqué l’intervention des armées des pays voisins.

Le président Kabila, qui a pris le pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père, l’ex-président Laurent-Désiré Kabila, n’a pas encore annoncé s’il briguerait un nouveau mandat, bien que la Constitution le lui interdise.

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