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BEYROUTH — Une autre ville, une autre réunion sur la Syrie. Un autre échec.

La réunion, mardi, de hauts diplomates russes et américains, et de plus d’une douzaine de leurs homologues de pays arabes et européens, s’est conclue avec la réaffirmation habituelle du maintien d’un cessez-le-feu désintégré à toutes fins pratiques, et les promesses de négociations futures. Mais rien pour rapprocher la Syrie de la paix.

Le scénario bien connu s’est rejoué alors que la guerre civile, à sa cinquième année, menace d’entrer dans une phase encore plus sombre, au moment où les Nations unies ont dénoncé une attaque délibérée contre un convoi humanitaire, ayant tué 20 civils.

La Maison-Blanche a déclaré que la frappe aérienne avait été réalisée par l’armée russe ou syrienne, ajoutant que dans un cas comme dans l’autre, elle tenait la Russie comme responsable.

L’ONU a suspendu les livraisons d’aide humanitaire, et un groupe syrien de défense des droits de la personne a indiqué que le gouvernement avait lancé une offensive au nord d’Alep dans le but de renforcer le siège de portions de la ville détenues par des opposants à Bachar el-Assad.

Tout de même, les diplomates ont tenu à dire que le cessez-le-feu en Syrie n’était pas mort.

Les discussions dirigées par le secrétaire d’État John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, n’ont duré qu’environ une heure, à la suite d’une rencontre préalable privée entre les deux hommes. Les objectifs étaient modestes, centrés sur la manière de s’accrocher à ce qui pouvait être encore sauvé de la trêve d’une semaine qui avait au moins temporairement réduit le bain de sang. Il n’était plus question des ambitions plus grandes de créer un nouveau partenariat militaire entre la Russie et les États-Unis contre Daech (le groupe armé État islamique) et Al-Qaïda.

Au moins 20 civils ont été tués lundi quand un convoi d’aide humanitaire qui devait desservir 78 000 Syriens a été atteint par des frappes aériennes, a fait savoir mardi le Comité international de la Croix-Rouge.

Selon le premier bilan, 18 des 31 camions des Nations unies et du Croissant-Rouge qui étaient dans la localité de Urem al-Kubra, à l’ouest d’Alep, ont été touchés. Les travailleurs s’apprêtaient à transférer le matériel dans un entrepôt du Croissant-Rouge. Le bâtiment a également été touché et une grande partie de l’aide détruite.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a affirmé que la province d’Alep a été le théâtre lundi d’une quarantaine de frappes aériennes qui ont duré environ deux heures à compter de 19 h 30, heure locale, et qui étaient essentiellement l’oeuvre de la Russie.

Des insurgés présents dans la province d’Alep ont également montré l’armée russe du doigt. Un ambulancier a dit que le convoi a été attaqué par des avions russes et syriens; un hélicoptère aurait également largué des barils explosifs.

L’agence de presse Tass rapporte toutefois que le ministère russe de la Défense a nié toute implication dans ces frappes. L’armée syrienne a elle aussi nié y être pour quelque chose.

Le coordonnateur de l’aide humanitaire du bureau des Nations unies en Syrie, Jan Egeland, a écrit par message texte que le convoi avait été «bombardé». Il a qualifié d’«outrage» l’attaque survenue au moment où la marchandise des camions était entreposée.

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