PARIS — Abritant des milliers de migrants espérant se rendre au Royaume-Uni, la ville de Calais est devenue un champ de bataille important pour les candidats à la présidentielle française du printemps prochain qui, emboîtant le pas à la leader d’extrême droite Marine Le Pen, tirent profit de la peur des immigrants pour gagner des votes.

L’ancien président Nicolas Sarkozy, qui tentera de remporter l’investiture du parti de droite Les Républicains en novembre, a visité Calais mercredi. M. Sarkozy ne s’est pas rendu au camp de fortune baptisé «la jungle», préférant rencontrer les forces de sécurité chargées de protéger le port et d’empêcher les migrants d’y entrer. Il n’a fait aucune déclaration publique durant sa visite.

Mme Le Pen, qui occupe une position enviable dans les sondages, a depuis longtemps fait de lutte à l’immigration son cheval de bataille. La présidente du Front national fait campagne en proposant de quitter l’Union européenne et sa zone de libre circulation des personnes, ce qui permettrait à la France de réinstaurer les contrôles frontaliers.

Les rivaux de Nicolas Sarkozy dans la primaire des Républicains, dont l’ex-premier ministre Alain Juppé, ont également visité Calais alors que le président socialiste François Hollande, qui n’a toujours pas annoncé officiellement son intention de briguer de nouveau la présidence, songe à s’y rendre la semaine prochaine.

Les migrants en provenance du Moyen-Orient, de l’Afrique et d’ailleurs qui campent dans la ville sont une source d’irritation pour le gouvernement français, le symbole de son incapacité à offrir des solutions efficaces à la crise européenne des réfugiés.

Les politiciens français de droite soutiennent que le Royaume-Uni devrait être responsable de gérer les gens souhaitant obtenir l’asile sur son territoire. Ils veulent renégocier un traité de 2003 qui a eu pour conséquence de confier à la France la tâche de contrôler les migrants souhaitant traverser la Manche.

M. Sarkozy, qui avait signé l’accord en tant que ministre de l’Intérieur, veut maintenant que les migrants soient envoyés dans un centre en territoire britannique et que le Royaume-Uni se charge de rapatrier ceux n’ayant pas réussi à obtenir un statut légal.

Selon les organismes d’aide, «la jungle» aurait franchi le cap des 10 000 habitants ce mois-ci contre 7000 en août d’après les données des autorités françaises.

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