AP Bachar el-Assad

DAMAS, Syrie — Le président syrien Bachar el-Assad nie catégoriquement que des avions de chasse syriens ou russes soient responsables du bombardement d’un convoi d’aide humanitaire à Alep plus tôt cette semaine.

Dans une entrevue à l’Associated Press qui s’est déroulée à Damas, le président El-Assad a rejeté également les accusations voulant que l’armée syrienne bloque l’entrée de nourriture dans des secteurs de l’est de la ville détenus par les rebelles.

M. El-Assad blâme les États-Unis pour l’échec de la trêve et affirme que les frappes aériennes américaines sur une base de l’armée syrienne cette fin de semaine étaient intentionnelles. De leur côté, les États-Unis assurent que ces bombardements étaient accidentels.

M. el-Assad soutient que le gouvernement américain n’affiche pas la volonté nécessaire pour combattre les extrémistes islamistes aux côtés de la Russie.

Le président syrien martèle que ses ennemis sont les seuls responsables des six ans de guerre civile qui affligent la Syrie. Bien qu’il reconnaisse certaines erreurs, il nie à répétition tout «excès» commis par ses troupes.

M. El-Assad ne voit pas le moment où la guerre cessera en raison du soutien extérieur dont bénéficient ses opposants.

«Quand il y a autant de facteurs externes que nous ne contrôlons pas, cela va nécessairement continuer et personne ne peut prédire» quand la guerre se terminera, dit-il, insistant pour affirmer que les Syriens qui ont fui le pays pourraient rentrer d’ici quelques mois si les États-Unis, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar arrêtaient de soutenir les insurgés.

L’attaque contre le convoi d’aide humanitaire a eu lieu lundi soir en banlieue d’Alep, touchant un entrepôt où des travailleurs déchargeaient de la nourriture et des médicaments. Des témoins ont rapporté que les bombardements ont duré deux heures et que des barils d’explosifs ont été utilisés.

Des responsables américains ont déclaré qu’ils étaient convaincus qu’un avion russe avait mené la charge. M. El-Assad a rejeté ses accusations, spécifiant que tout ce que déclarent les États-Unis n’a «aucune crédibilité» et ne sont que des «mensonges».

La Russie a nié être à l’origine de l’attaque.

La tension est montée d’un cran entre la Syrie et les États-Unis depuis la fin de semaine dernière, alors que des frappes américaines touchaient une base militaire syrienne dans la province de Deir ez-Zor. Il s’agissait de la première attaque directe des États-Unis contre les forces syriennes depuis le début de la guerre civile.

«Ce n’était pas un accident d’un seul avion… Il y avait quatre avions qui ont mené l’attaque contre les troupes syriennes pendant près d’une heure, ou un peu plus d’une heure», a fait valoir le président El-Assad. «On ne commet pas une erreur pendant plus d’une heure.»

«Je ne crois pas que les États-Unis sont prêts à se joindre à la Russie pour combattre les terroristes en Syrie», a-t-il ajouté.

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