David Goldman David Goldman / The Associated Press

MONTRÉAL — L’ultime duel entre Donald Trump et Hillary Clinton aura peu d’impact sur le résultat de l’élection présidentielle du mois de novembre, mais il pourrait en revanche influencer les courses qui ont lieu à la Chambre des représentants, au Sénat et dans les États, a suggéré un spécialiste de la politique américaine.

Le chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand Rafael Jacob réitère que la candidate démocrate a acquis une avance qui s’annonce insurmontable pour son rival républicain, chez qui il s’est produit une «cassure» avec l’électorat.

Dans les dernières semaines, Donald Trump a été embarrassé par un enregistrement audio dans lequel on l’entendait proférer des commentaires vulgaires et misogynes. Ce coup dur a été suivi par le témoignage de plusieurs femmes qui disent avoir été embrassées ou touchées par M. Trump sans leur consentement.

Ainsi, selon M. Jacob, peu importe ce qui se passe mercredi soir, le sort de M. Trump est scellé; il reste à savoir dans quelle marge il perdra l’élection. Mais si Donald Trump performe bien, il parviendra peut-être à motiver les électeurs républicains à aller voter pour un représentant, un sénateur et un gouverneur.

En plus de l’élection présidentielle, les 435 sièges à la Chambre, ainsi que 34 postes au Sénat, sont en jeu le 8 novembre. De plus, 12 États seront appelés à voter pour un gouverneur.

Selon l’expert, si la campagne de M. Trump poursuit sa chute, cela pourrait toucher les représentants, les sénateurs et les gouverneurs républicains qui tentent de se faire élire ou réélire dans leur État respectif.

Dans certaines régions, les effets commencent à se faire ressentir. «L’Utah, c’est l’État numéro un pour les républicains. Il (M. Trump) est en train possiblement de perdre contre un conservateur indépendant! (Evan McMullin)», a constaté M. Jacob.

Pour ce qui est de Hillary Clinton, une performance faible ne devrait pas diminuer considérablement ses appuis en raison des grandes difficultés de son adversaire. «Hillary Clinton pourrait annoncer officiellement qu’elle est la réincarnation de Lucifer, et elle gagnerait quand même l’élection», a-t-il ironisé.

M. Jacob a rappelé les récentes révélations de WikiLeaks, qui avaient le potentiel de nuire considérablement à Mme Clinton. Et pourtant, elle s’en est sortie presque indemne. «Il y avait des perles, là-dedans, beaucoup de matériel à scandale (…) Dans une campagne normale, avec un adversaire normal, elle serait sur la défensive», a-t-il soutenu.

Selon M. Jacob, ce qui différencie M. Trump de Mme Clinton, c’est que les démocrates sont relativement unis derrière leur candidate, alors que ce n’est pas le cas du côté républicain.

«Le problème de M. Trump est assez inexistant pour les électeurs indépendants. Son problème, c’est avec son propre parti. Selon un sondage (mené par Fox News), Mme Clinton avait 89 pour cent du vote des démocrates, ce qui est normal. M. Trump, c’était à 80 pour cent!», s’est-il exclamé.

Mitt Romney, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2012, avait réussi à rallier 93 pour cent des électeurs républicains.

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