ISTAMBOUL — Un groupe de défense des droits de la personne affirme que des policiers turcs ont torturé ou maltraité des détenus dans la foulée du coup d’État avorté de juillet, une allégation démentie par les autorités turques.

Dans un rapport de 43 pages publié mardi, l’organisation Human Rights Watch explique que l’état d’urgence décrété après la tentative de renversement du gouvernement a affaibli les mécanismes de surveillance contre la torture.

Le rapport fait état avec détails de 13 cas allégués de torture. Des détenus auraient été sévèrement battus et d’autres auraient été privés de sommeil. Des cas d’agression sexuelle et de menaces de viol sont aussi évoqués.

Les auteurs du rapport rappellent que l’interdiction de la torture dans le droit international est absolue et ne peut être suspendue en temps de guerre ou d’urgence nationale. Ils appellent les autorités turques à abroger les mesures contenues dans les décrets d’urgence qui permettent la torture et les mauvais traitements.

Après l’échec du coup d’État, le 15 juillet, les autorités turques ont lancé une vaste traque des partisans de Fethullah Gülen, un intellectuel musulman établi aux États-Unis qui est soupçonné d’avoir fomenté le renversement. Au moins 32 000 personnes ont ensuite été arrêtées en Turquie, dont des soldats, des policiers, des juges et des professeurs.

Le gouvernement turc n’a pas réagi au rapport dans l’immédiat. Les autorités turques font face depuis des mois à des allégations de violation des droits de la personne et les ont toutes rejetées.

Le ministère turc de la Justice, Bekir Bozdag, a écrit sur Twitter dimanche qu’il n’y avait pas de maltraitance ni de torture dans les prisons turques, estimant que la Turquie était injustement ciblée. Il a affirmé qu’une unité spéciale d’enquête avait été mise sur pied afin d’examiner les allégations de cette nature.

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