Le refus des Nations unies d’accepter la responsabilité juridique de l’épidémie de choléra causée par des Casques bleus déployés en Haïti en 2010 est «honteux», a dénoncé mardi un expert onusien des droits de la personne.

Philip Alston écrit dans un nouveau rapport que les conseils juridiques erronés et sans fondements fournis par les avocats de l’ONU empêchent l’organisation d’accepter la responsabilité d’une épidémie qui a touché près de 800 000 Haïtiens et tué 9300 d’entre eux.

M. Alston estime que l’attitude juridique actuelle de l’ONU «qui consiste à refuser toute responsabilité est moralement inique, indéfendable juridiquement et politiquement stérile».

Il se réjouit toutefois que le secrétaire général sortant des Nations unies, Ban Ki-moon, ait annoncé la création d’un fonds de 400 millions $ US pour éradiquer le choléra et venir en aide aux victimes.

En revanche, déplore M. Alston, «l’ONU n’a toujours pas accepté sa responsabilité factuelle ou juridique».

L’ONU a démenti pendant des années les allégations l’accusant d’être responsable de l’éclosion de choléra en Haïti. Ayant eu à se défendre devant plusieurs tribunaux aux États-Unis, l’organisation internationale a invoqué la clause d’immunité stipulée dans une convention de 1946.

En août dernier, une Cour d’appel américaine a maintenu l’immunité des Nations unies dans un procès intenté au nom de 5000 victimes haïtiennes du choléra.

Des éléments scientifiques prouvent, selon plusieurs chercheurs, qu’un mauvais traitement des eaux usées dans une base de soldats du maintien de la paix népalais, en 2010, a fait en sorte que le choléra s’est propagé dans la plus grande rivière d’Haïti.

Des Casques bleus népalais des Nations unies sont soupçonnés d’avoir involontairement introduit le choléra dans le pays en 2010.

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