FALMOUTH, Maine — Élections truquées. Observateurs improvisés. Électeurs en colère. Les revendications, les menaces et les débats émotifs suscités par la course présidentielle aux États-Unis ont amené certaines communautés à déplacer les bureaux de scrutins hors des écoles et à annuler les cours le jour de l’élection.

Certains intervenants craignent que la rhétorique parfois haineuse de la campagne ne provoque des altercations et même de la violence dans les couloirs des écoles, ce qui pourrait mettre en danger les étudiants.

«Si quelqu’un pouvait s’asseoir ici et dire qu’il ne croit pas qu’il s’agit d’une élection controversée, alors il ne suit pas beaucoup (la campagne)», a affirmé Ed Tolan, chef de police à Falmouth, une petite communauté du Maine au bord de la mer. M. Tolan a décidé d’annuler les cours le 8 novembre et de renforcer la sécurité ce jour-là.

Les représentants des écoles ont déjà les nerfs à vif avec les nombreuses fusillades et les menaces à leur égard qui sont devenues trop fréquentes. Ils rappellent notamment que des bureaux du Parti républicain en Caroline du Nord ont été la cible d’une attaque aux cocktails Molotov, récemment.

Certaines de ces inquiétudes tiennent leur source des allégations de fraude électorale martelées par le candidat républicain, Donald Trump, qui a appelé ses partisans à surveiller les bureaux de scrutin. Les intervenants des écoles redoutent des affrontements qui pourraient éclater entre les soi-disant observateurs et les électeurs.

Alpay Blakir, le parent d’un bambin de 8 ans, est soulagé que son fils ne soit pas à l’école le 8 novembre prochain alors que son école servira de bureau électoral.

«Si ce sera aussi chaotique qu’ils le prédisent, c’est une bonne chose. Les enfants devraient être tenus à l’écart», a-t-il soutenu.

Les écoles sont souvent choisies pour héberger des bureaux de scrutin puisqu’elles disposent de grands stationnements et qu’elles sont souvent situées au centre d’un district. Il est difficile d’évaluer combien de bureaux de scrutins ont déménagé hors des écoles étant donné que le système électoral américain est très décentralisé.

Or, plusieurs représentants locaux ont confirmé que les bureaux avaient déménagé ou que des classes avaient été annulées — notamment en Illinois, au Maine, au Nebraska, au New Hampshire, en Ohio, en Pennsylvanie et au Wisconsin.

«Il y a une inquiétude, comme à un concert, à un événement sportif ou à un autre rassemblement public… Qu’arrive-t-il si quelqu’un arrive dans un bureau avec une bombe dans son sac à dos? Si ça arrive dans une école, c’est évidemment préoccupant», a indiqué le secrétaire d’État de la Géorgie, Brian Kemp, qui est aussi coprésident de l’Association nationale des secrétaires d’État.

Malgré ces inquiétudes, l’Association nationale des secrétaires d’État ne souhaite pas que des gardiens armés ou des policiers soient postés à l’entrée des bureaux puisque cela pourrait intimider les électeurs.

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