THE ASSOCIATED PRESS Le président de l'Union européenne, Donald Tusk

OTTAWA — La délégation canadienne qui devait se rendre à Bruxelles jeudi pour signer l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne ne quittera pas le Canada comme prévu mercredi soir.

Un attaché de presse du gouvernement a confirmé en fin de journée que la délégation canadienne dirigée par le premier ministre Justin Trudeau n’irait pas en Europe pour l’instant.

Alex Lawrence a tenu à préciser que le Canada était toujours prêt à signer le traité lorsque l’Europe le sera également.

Les heures étaient comptées mercredi, alors que la Belgique tentait toujours de convaincre sa région francophone récalcitrante, la Wallonie, de donner son approbation à l’accord. Les négociations entre les dirigeants belges et wallons semblaient avoir connu certains progrès dernièrement.

Les dirigeants de la Wallonie ont martelé, mercredi, qu’ils avaient besoin de plus de temps pour examiner et approuver l’entente, qui doit être signée par les 28 pays de l’Union européenne (UE), dont la Belgique, qui ne peut donner son accord sans l’unanimité de toutes ses régions.

Le ministre-président de la Wallonie, Paul Magnette, a annoncé en fin de journée que sa région ne serait pas en mesure d’entériner l’accord dans les prochaines heures, diminuant les chances de la visite du premier ministre Trudeau, qui devait se rendre en Europe pour signer le traité après sept ans de négociations.

«Nous le regrettons, mais ce ne sera pas possible de tenir le sommet demain, mais rien n’est impossible», a affirmé M. Magnette, qui avait dit plus tôt qu’un sommet Canada-UE aurait lieu «un jour, mais pas demain».

En réponse à une question sur l’avenir de l’Accord économique et commercial global (AÉCG) à la période de questions aux Communes, mercredi, le premier ministre Trudeau a laissé entendre qu’il était prêt à attendre encore.

«Nous sommes persuadés que dans les prochains jours, nous verrons une issue positive à cet accord historique», a-t-il dit.

Plus tôt, le ministre-président wallon avait indiqué que certains détails devaient encore être fignolés, notamment dans le secteur de l’agriculture et en ce qui concerne le tribunal spécial de règlement des disputes. M. Magnette s’oppose notamment au processus d’arbitrage qui permettrait aux multinationales de contester devant la justice les décisions gouvernementales. Son ton semblait toutefois plus conciliant que durant les derniers jours.

Si les dirigeants régionaux de la Belgique arrivaient à s’entendre, les changements demandés par la Wallonie devraient être acceptés par les 27 autres pays de l’UE et la région francophone elle-même. L’échéance de jeudi semblait donc presque impossible à respecter.

La Wallonie et ses 3,5 millions d’habitants sont le dernier obstacle à la signature de cet ambitieux accord de libre-échange qui lierait 35 millions de Canadiens et 500 millions d’Européens.

Les partisans de l’entente affirment qu’elle générera des milliards de dollars en échanges commerciaux additionnels. L’UE assure qu’elle ne menacera en rien ses normes sociales, environnementales et du travail.

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