Getty Images Des figures bibliques, peintes sur une façade du village irakien chrétien de Bartella, ont été défigurées par les militants d'État islamique.

Alors que l’offensive pour reconquérir Mossoul est entrée dans sa deuxième semaine, des questions demeurent au sujet de qui, des milices chiites, des peshmergas kurdes ou des troupes irakiennes, gouvernera les territoires libérés d’État islamique. Métro a parlé avec Richard Lachmann, sociologue politique et expert en terrorisme de l’université d’Albany, dans l’État de New York, afin de mieux comprendre la situation.

Pourquoi la reconquête de Mossoul est-elle aussi importante?
Mossoul importe pour deux raisons. D’abord, État islamique y perdrait son dernier bastion significatif en Irak. Le groupe serait alors confiné en Syrie, où il ne serait qu’une organisation radicale parmi beaucoup d’autres. Il perdrait ainsi beaucoup d’éclat pour attirer des recrues étrangères.

Ensuite, si Mossoul tombe, cela prouvera que l’armée irakienne est désormais une force de combat efficace. Cela prouvera également que la stratégie américaine, qui est d’entraîner l’armée en Irak et de l’appuyer par des bombardements, fonctionne et permet au pouvoir en place d’assurer son autorité sur le pays.

Pourquoi s’être lancé dans la bataille sans ébaucher un plan de transition?
Les États-Unis ne pensent presque jamais aux conséquences de leurs victoires militaires. Le but des Américains est d’écraser État islamique, et ils ne se soucient à peu près pas de la façon dont les Irakiens vont vivre une fois cet objectif atteint. Le gouvernement irakien est corrompu et incompétent : il serait surprenant qu’une fois État islamique délogé de Mossoul, les autorités puissent offrir des services aux citoyens.

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