CARACAS, Venezuela — Des centaines de manifestants progouvernement se sont rassemblés, jeudi, devant le parlement vénézuélien — où l’opposition cherche à chasser le président Nicolas Maduro du pouvoir.

Certains membres de l’opposition disent avoir été attaqués, à leur arrivée devant l’édifice de l’Assemblée nationale, avec des bâtons et des tuyaux par les protestataires vêtus de rouge.

La chambre dominée par l’opposition a voté, mardi, en faveur de l’ouverture d’un «procès politique» du président socialiste, bien qu’elle ne détienne pas le pouvoir de le destituer.

Seule la Cour suprême peut déloger M. Maduro de ses fonctions, mais elle n’a jamais voté contre lui et a même statué qu’il pouvait ignorer des lois adoptées par l’Assemblée nationale.

Les détracteurs de M. Maduro l’accusent d’avoir orchestré un coup d’État en faisant fi de la Constitution. Ils soutiennent que le Venezuela a sombré dans la dictature lorsque les autorités électorales ont refusé, la semaine dernière, d’enclencher un processus de référendum révocatoire.

Tandis que les discussions autour de sa destitution se poursuivaient, le président Maduro a annoncé une hausse du salaire minimum — la quatrième de l’année.

Selon les sondages, la majorité des Vénézuéliens reprochent au président l’économie en chute libre, l’inflation qui s’élève à trois chiffres ainsi que les pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres biens essentiels.

Mercredi, des milliers de protestataires ont défilé dans les rues à travers le pays, dont celles de la capitale Caracas, pour réclamer sa démission. Plusieurs dizaines d’entre eux ont subi des blessures et une centaine ont été arrêtés. La journée de manifestations nationale s’est soldée par un appel à la grève, vendredi.

Le numéro deux du gouvernement socialiste, Diosdado Cabello, a alors menacé d’expropriation les entreprises qui débraieraient.

L’opposition a également invité les citoyens à marcher vers le palais présidentiel, le 3 novembre, si le gouvernement ne revenait pas sur sa décision de bloquer le processus référendaire. Les opposants au régime socialiste s’en sont vu interdire l’accès depuis le coup d’État raté contre le président Hugo Chavez, en 2002.

Pour contenir la crise qui ne cesse de s’envenimer, un dialogue entre le gouvernement et l’opposition doit s’amorcer sous l’égide du Vatican, dimanche, sur l’île touristique de Margarita.

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