BEYROUTH — Des combats féroces ont éclaté vendredi autour d’Alep, dans le nord de la Syrie, au moment où les rebelles annonçaient le début d’une vaste offensive pour briser le siège gouvernemental en place depuis deux mois.

Un journaliste de la télévision libanaise qui se trouve sur les lieux rapporte que la ville est attaquée de toute part. On pouvait entendre au loin des explosions, des tirs de mortiers et des fusillades. Une fumée noire s’élevait au-dessus de la ville et des avions — vraisemblablement syriens ou russes — rugissaient dans le ciel.

Les insurgés se préparent depuis plusieurs semaines à lancer une offensive pour tenter de mettre fin au siège gouvernemental qui asphyxie les quartiers rebelles de la ville. Ces quartiers ont été pilonnés sans merci par l’aviation russe et syrienne, et des centaines de personnes ont été tuées au cours des dernières semaines.

L’armée syrienne a assuré, par voie de communiqué, qu’elle a repoussé toutes les attaques des rebelles, en plus de leur infliger de lourdes pertes. Les médias officiels rapportent de leur côté que les forces syriennes ont repoussé au moins deux attaques, dont une lancée par Daech (le groupe armé État islamique) contre une académie de l’armée de l’air à l’est d’Alep.

L’armée ajoute que l’offensive des insurgés était concentrée dans la banlieue d’Assad, à l’ouest de la ville, et qu’elle a répliqué avec des tirs d’artillerie et de roquettes russes Grad.

C’est la deuxième fois que les rebelles essaient de défoncer le siège gouvernemental. Ils ont réussi à ouvrir un corridor vers l’est au mois d’août, mais les forces gouvernementales l’ont refermé quelques semaines plus tard.

L’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, rapporte que les rebelles ont lancé au moins trois voitures piégées et tiré des centaines de roquettes contre les positions gouvernementales vendredi. Au moins quinze civils auraient été tués et une centaine d’autres blessés.

Un kamikaze français qui avait rejoint les rangs de Daech s’est également donné la mort.

L’ONU estime que quelque 275 000 personnes sont coincées à Alep, où elles doivent composer avec des pénuries de vivres et de médicaments.

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