Rodrigo Abd Rodrigo Abd / The Associated Press

CARACAS, Venezuela — Plusieurs commerces et écoles étaient fermés vendredi à Caracas, et la circulation automobile était nettement moins intense dans les rues de la capitale du Venezuela, alors que les résidants adhéraient à un ordre de grève de 12 heures pour faire pression sur le président Nicolás Maduro.

L’opposition tente de chasser le président socialiste du pouvoir, après que les responsables aient annulé un vote sur sa destitution.

Des dirigeants ont menacé d’exproprier les commerçants qui participent à la grève. Les grands employeurs ont toutefois répliqué que la grève de vendredi est une contestation de la base, et non un mouvement qui vise à malmener une économie déjà en difficultés.

Cette grève rappelle les tactiques utilisées par l’opposition en 2002, avant un coup d’État contre l’ancien président Hugo Chavez.

Si M. Chavez est toujours adulé, son successeur est largement méprisé. Des sondages démontrent que les trois quarts des Vénézuéliens souhaitent le départ de M. Maduro, un ancien chauffeur d’autobus et syndicaliste que M. Chavez avait éventuellement élevé à la vice-présidence.

M. Maduro est tenu pour responsable de la pire crise économique des dernières décennies, d’une inflation complètement hors de contrôle et des pénuries d’aliments.

L’opposition a lancé un appel à une manifestation devant le palais présidentiel, au coeur de la ville, jeudi prochain, si le gouvernement n’infirme pas sa décision de bloquer le processus de destitution.

Le puissant leader socialiste Diosdado Cabello a menacé d’exproprier les entreprises qui participent à la grève, pendant que des agents de la police politique Sebin ont visité le manoir de Lorenzo Mendoza, le patron de la plus importante firme alimentaire du pays.

M. Cabello a prévenu que toutes les entreprises qui fermeront leurs portes seront saisies par les ouvriers et par l’armée, avec l’accord du président Maduro.

M. Maduro a annoncé jeudi une hausse de 40 pour cent du salaire minimum, soit sa quatrième annonce du genre cette année.

Les économistes préviennent toutefois que l’inflation — qui, selon le Fonds monétaire international, surpassera 1000 pour cent l’an prochain — s’accélère encore plus rapidement et que le salaire minimum ne vaut plus qu’environ 90 $ US par mois, en raison de l’effondrement de la monnaie sur le marché noir.

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