Andrew Harnik Andrew Harnik / The Associated Press

WASHINGTON — La police fédérale américaine (FBI) a informé le Congrès, vendredi, qu’elle se penche actuellement sur de nouveaux courriels de Hillary Clinton retrouvés dans le cadre de son enquête sur le scandale de textos de l’ancien représentant Anthony Weiner, qui était en couple avec l’une des plus proches conseillères de la candidate à la présidentielle américaine.

Le FBI avait annoncé en juillet dernier qu’il mettait fin à son enquête sur l’utilisation d’un serveur privé par Mme Clinton à l’époque où elle était secrétaire d’État dans le cabinet de Barack Obama. Or, les nouveaux courriels retrouvés récemment pourraient inciter le FBI à rouvrir son enquête criminelle sur la candidate démocrate, à douze jours seulement de l’élection du 8 novembre.

Dans une lettre transmise vendredi aux leaders du Congrès, le directeur du FBI, James Comey, explique que ses enquêteurs ont récemment découvert de nouveaux courriels qui les ont poussés à réexaminer les informations gouvernementales qui ont transité par le serveur de la secrétaire d’État Clinton.

M. Comey n’a pas pu dire si les résultats de l’enquête seront connus avant l’élection présidentielle du 8 novembre.

Hillary Clinton a demandé vendredi au FBI de dévoiler «tous les faits immédiatement» et «d’expliquer l’enjeu en question, quel qu’il soit, sans délai».

Bien que le directeur n’ait pas fourni de détails sur les courriels en question, un représentant a confié à l’Associated Press que les nouveaux messages avaient été découverts à l’occasion de son enquête sur l’ancien politicien Anthony Weiner, qui a été impliqué dernièrement dans un autre scandale de nature sexuelle. M. Weiner est maintenant séparé de Huma Abedin, une très proche conseillère de Mme Clinton qui était chef du personnel adjointe lorsqu’elle était secrétaire d’État. Cette source a requis l’anonymat car elle ne pouvait pas discuter publiquement de l’enquête.

Cette nouvelle survient bien mal pour Mme Clinton alors qu’il reste moins de deux semaines avant l’élection.

Le porte-parole du département d’État, Mark Toner, a indiqué vendredi que son ministère a appris l’existence de la lettre du FBI par l’entremise des médias, sans plus de commentaires. La Maison-Blanche a aussi refusé de commenter.

Le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, a lancé que Mme Clinton n’avait «qu’elle-même à blâmer» dans cette affaire. «On lui avait confié certains des secrets les plus importants de ce pays et elle a trahi cette confiance par son insouciance.»

Le président de la Commission de la justice à la Chambre des représentants, le républicain Bob Goodlatte, a soutenu que plus on en apprend sur le serveur, «plus il devient clair que (Mme Clinton) et ses adjoints ont commis des gaffes et mis en péril la sécurité nationale».

Le FBI a enquêté pendant un an afin de déterminer si Mme Clinton avait reçu ou envoyé des informations secrètes via son serveur privé de messageries, situé dans le sous-sol de sa résidence de New York, qui ne devait pas être utilisé pour de tels envois.

À l’issue de cette enquête, James Comey a affirmé en juillet dernier que ses agents n’avaient trouvé aucune preuve qui permettrait de porter des accusations criminelles ou démontrer que le serveur de Mme Clinton avait effectivement été piraté. Mais il a aussi laissé entendre que des pirates à la solde d’un gouvernement étranger avaient très bien pu s’introduire dans le serveur sans laisser de traces.

Quelques minutes après l’annonce du FBI, vendredi, le candidat républicain à la présidentielle, Donald Trump, a repris sa rhétorique justicière contre Mme Clinton, en lui imputant des activités criminelles. «Peut-être qu’un jour, justice sera faite», a-t-il souhaité.

Note aux lecteurs: 5ième paragraphe (sans délai)

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