LUND, Suède — Le pape François a souligné lundi le 500e anniversaire de la réforme protestante en visitant la Suède, un pays séculaire où il a invité catholiques et luthériens à surmonter les «erreurs» du passé pour former une plus grande unité, notamment en partageant l’Eucharistie.

Le pape et les leaders de la Fédération luthérienne mondiale ont présidé une prière oecuménique à la cathédrale de Lund. C’était la première fois qu’un pape commémorait la rébellion de Martin Luther avec un geste d’une aussi grande importance symbolique.

Le pape a cité Luther et l’a salué pour avoir replacé l’Évangile au coeur de l’Église.

Le pape et le président de la fédération luthérienne, l’évêque Munib Youan, ont été applaudis chaleureusement au terme de la cérémonie quand ils ont signé une déclaration commune par laquelle ils s’engagent à dialoguer pour améliorer leurs relations, et à collaborer pour régler les conflits, accueillir les réfugiés et veiller sur la planète.

L’objectif de ce dialogue théologique, explique le communiqué, est de rassembler catholiques et luthériens autour de la table de l’Eucharistie. Un demi-siècle de discussions n’a toutefois pas encore permis de décider si les fidèles d’une foi peuvent recevoir la communion dans les églises de l’autre.

La réformation protestante a commencé en 1517 quand Luther a cloué 95 thèses sur les portes d’une église de Wittenberg pour dénoncer ce qu’il percevait comme étant les fautes de l’Église catholique, notamment en ce qui concerne la vente d’indulgences. Son excommunication par le pape Léon X n’a pas pu empêcher ses enseignements de se propager à travers le monde.

La propagation du protestantisme a donné lieu à de nombreuses guerres religieuses, notamment la guerre de Trente Ans. En Suède, ceux qui ont refusé la nouvelle foi luthérienne ont été déportés ou tués.

Le Vatican et l’Église luthérienne ont donc fait valoir que la visite de lundi ne célébrait en rien la révolte de Luther. Plutôt, ont-ils dit, elle avait comme objectif de demander pardon pour le schisme et de se réjouir de l’amélioration des relations entre les deux camps.

Des réfugiés et l’évêque catholique de la ville assiégée d’Alep, dans le nord de la Syrie, ont pris la parole lors de la cérémonie.

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