JOHANNESBOURG, Afrique du Sud — Des milliers de Sud-Africains sont descendus dans la rue mercredi pour réclamer la démission du président Jacob Zuma, qui est empêtré dans plusieurs scandales qui, selon ses détracteurs, minent la démocratie du pays.

Les manifestations ont eu lieu à Pretoria, la capitale administrative du pays, au moment où un tribunal ordonnait la publication d’un rapport qui fait état de signes possibles de corruption aux plus hauts échelons du gouvernement.

L’agence sud-africaine de protection du public recommande la création d’une commission d’enquête pour déterminer si une famille proche de M. Zuma a tenté d’influencer la nomination de certains ministres pour favoriser ses affaires. M. Zuma avait précédemment renoncé à ses manoeuvres juridiques pour bloquer la parution du rapport.

La publication de nouvelles allégations de malversations présumées au sommet du gouvernement risque de faire augmenter la pression sur M. Zuma, qui a déjà dû s’excuser une première fois cette année quand un tribunal a tranché qu’il avait agi illégalement en utilisant 20 millions $ US en fonds publics pour faire rénover sa maison de campagne.

M. Zuma a éventuellement remboursé 500 000 $ US, soit le montant déterminé par le Trésor sud-africain.

Plus tôt cette semaine, les procureurs sud-africains ont abandonné des accusations de fraude portées contre le ministre des Finances Pravin Gordhan quand de nombreux Sud-Africains y ont vu une tentative de la part de factions gouvernementales pour prendre le contrôle du Trésor.

Mercredi, des gens d’affaires, des leaders religieux et d’autres manifestants se sont rassemblés dans une cathédrale de Pretoria pour demander la démission de M. Zuma. Ils estiment que les allégations de corruption qui l’éclaboussent entachent non seulement une des plus grandes économies d’Afrique, mais aussi la Constitution créée après la fin du régime de l’apartheid en 1994.

Les deux principaux partis d’opposition sud-africains avaient également organisé des manifestations séparées à Pretoria. On ne rapporte que quelques actes de vandalisme et la police a utilisé des balles de caoutchouc pour disperser les manifestants dans un quartier. Quatre personnes ont été arrêtées pour avoir lancé des pierres à des automobilistes.

Des échauffourées ont aussi éclaté entre manifestants et policiers devant le bureau de M. Zuma. La police a utilisé des grenades de surpression et des balles de caoutchouc. Le gouvernement a rappelé par voie de communiqué que les Sud-Africains ont le droit de manifester pacifiquement, tout en prévenant que la police réagira de manière appropriée.

Le Congrès national africain, qui dirige le pays depuis la fin de l’apartheid, a perdu le contrôle de plusieurs villes importantes lors d’élections locales en août, en partie en raison de la grogne populaire contre M. Zuma.

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