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CALAIS, France — Les autorités françaises ont entrepris mercredi de déplacer les migrants mineurs qui se trouvent toujours à Calais vers d’autres sites à travers le pays, alors que le gouvernement cherche à fermer pour de bon le camp surnommé «la jungle».

Environ 800 adolescents, principalement des hommes, étaient partis mercredi midi. Les responsables espèrent compléter l’évacuation de quelque 1500 jeunes d’ici la fin de la journée.

Plus de 5000 adultes avaient été transférés loin de Calais la semaine dernière, mais le sort des enfants demeurait incertain. Des migrants arrivés du Moyen-Orient et d’Afrique s’entassaient dans ce camp depuis 18 mois, dans l’espoir de pouvoir traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni.

Les jeunes seront transférés vers 60 centres spéciaux à travers la France, où leurs dossiers seront examinés par les autorités britanniques pour déterminer s’ils ont droit à l’asile au Royaume-Uni. Les autres seront confiés aux services sociaux français.

La tension demeure vive dans le camp. Quatre personnes ont été blessées mardi soir lors d’une bagarre entre migrants afghans et érythréens. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour les séparer et la sécurité a été renforcée pendant la nuit.

Le gouvernement britannique affirme avoir déjà accueilli environ 300 jeunes migrants réfugiés à Calais, et la ministre de l’Intérieur Amber Rudd a déclaré au parlement la semaine dernière que des centaines d’autres seront accueillis. Les détails demeurent toutefois nébuleux et sont compliqués par la décision récente du Royaume-Uni de claquer la porte de l’Union européenne.

Le président français François Hollande demande néanmoins à Londres d’accepter davantage de mineurs, soit parce qu’ils ont de la famille au Royaume-Uni ou parce que cela est dans le «meilleur intérêt» des jeunes.

À ce sujet, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a dénoncé mercredi que la querelle politique entre Paris et Londres ait mené à des «violations majeures» des droits des enfants à Calais. Le comité affirme que les «meilleurs intérêts» des enfants ont été sacrifiés à des fins politiques.

Le comité a noté que des centaines d’enfants ont notamment été privés d’un logis adéquat, de nourriture et de soins médicaux. Il accuse la France et le Royaume-Uni de ne pas avoir respecté leurs obligations en vertu de la Convention sur les droits des enfants.

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