SÉOUL, Corée, République de — La présidente sud-coréenne Park Geun-hye a présenté vendredi des excuses émotionnelles à ses concitoyens, en plus d’accepter la responsabilité entière d’un scandale qui pourrait bien sonner le glas de sa présidence.

Mme Park est soupçonnée d’avoir permis à une proche de tirer les ficelles de son gouvernement en coulisses.

La présidente s’est engagée, vendredi, à se soumettre à une enquête directe de ses agissements, ce qui n’a pas empêché l’opposition de réclamer qu’elle se distance des affaires intérieures du pays et qu’elle nomme immédiatement un nouveau premier ministre choisi le Parlement.

La voix étranglée par l’émotion durant son discours télévisé, Mme Park a dit ressentir une «honte profonde» pour ce scandale, avant d’admettre que «tout est de ma faute et c’est mon erreur».

Elle a ensuite reconnu avoir trop fait confiance à Choi Soon-sil, une amie de longue date qui est aussi la fille du leader d’un culte religieux. Mme Park a nié, contrairement à ce que rapportent certains médias, que des «rituels chamanistiques» aient été organisés au siège de la présidence.

Mme Park complète la quatrième année d’un mandat de cinq ans. Ce n’est pas la première fois que son gouvernement essuie des critiques, surtout relativement à sa réponse à un naufrage qui avait fait plus de 300 morts en 2014.

Un sondage publié vendredi épingle son taux d’approbation à seulement 5 pour cent, soit le niveau le plus faible jamais mesuré depuis que la Corée du Sud a renoué avec la démocratie à la fin des années 1980.

Mme Choi a été arrêtée jeudi et demeurera détenue en attendant son verdict.

La presse sud-coréenne rapporte que la femme de 60 ans tirait les ficelles en coulisses et qu’elle a incité des entreprises à donner des millions de dollars à deux fondations qu’elle contrôle. Elle aurait ensuite utilisé ces fonds à des fins personnelles et pour préparer la retraite de Mme Park.

Mme Park a reconnu la semaine dernière que Choi Soon-sil a édité certains de ses discours et fourni une aide au chapitre des relations publiques, même si elle ne détient aucun poste gouvernemental. Les médias sud-coréens spéculent que Mme Choi aurait eu accès à des informations confidentielles et joué un rôle beaucoup plus important au sein du gouvernement.

Mme Choi est la première personne à être arrêtée relativement à ce scandale. Mercredi soir, les procureurs ont détenu un ancien proche collaborateur de Mme Park concernant le rôle qu’il aurait joué dans l’obtention de 70 millions $ US en dons de la part de compagnies. Ils ont maintenant 48 heures pour décider s’ils demandent ou non son arrestation.

Mme Choi est la fille de feu Chae Tae-min, le leader d’un culte religieux qui aurait pris Mme Park sous son aile après l’assassinat de sa mère en 1974. Le père de Mme Park, l’ancien dictateur Park Chung-hee, a quant à lui été assassiné en 1979. Mme Park a reconnu que Mme Choi est une amie qui l’a aidée dans le passé.

Mme Park a aussi remplacé mercredi plusieurs membres importants de son gouvernement, dont son premier ministre, pour tenter de rétablir la confiance du public, mais ses détracteurs n’y voient qu’une manoeuvre de diversion.

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