RICHMOND, Va. — Un jury a reconnu le magazine Rolling Stone, son éditeur et une de ses journalistes coupables de diffamation à l’endroit d’une cadre de l’Université de Virginie, dans un article rapportant des allégations de viol plus tard démenties.

La cadre Nicole Eramo avait entrepris cette poursuite de 7,5 millions $ US après la publication de l’article intitulé «Un viol sur le campus». Le texte relatait le témoignage poignant d’une étudiante disant avoir été agressée sexuellement par sept membres de la fraternité Phi Kappa Psi.

La plaignante estime qu’elle y était dépeinte comme une «vilaine». Les membres du jury ont tranché en sa faveur, vendredi, en reconnaissant la journaliste Sabrina Rubin Erdely coupable de diffamation, et ce, avec malveillance.

L’article, publié en novembre 2014 et officiellement retiré en avril 2015, alléguait à tort que Mme Eramo avait dissuadé la victime de signaler l’incident à la police. La cadre universitaire dit avoir reçu des centaines de messages haineux et avoir été confrontée par des manifestants à l’extérieur de son bureau dans la foulée de la publication.

Le jury a également blâmé le magazine et son éditeur, Wenner Media, pour avoir publié l’article à nouveau au mois de décembre en y ajoutant une note où l’éditeur reconnaissait certaines contradictions.

Puisque le juge a déterminé que Mme Eramo est une personnalité publique, ses avocats ont dû prouver que le magazine savait — ou aurait dû savoir — que ce qu’il rapportait était faux. Ils ont maintenu que la journaliste a conçu sa trame narrative avant même d’entamer ses démarches journalistiques et qu’elle a étouffé tout doute quant à la crédibilité de sa source.

«Nous espérons que nos fautes ne détournent pas des problèmes répandus dont il est question dans l’article, et que les reportages sur des cas d’agressions sexuelles mèneront ultimement à des mesures qui assureront une meilleure protection de nos étudiants sur les campus, a écrit le magazine dans un communiqué. Nous continuerons de publier des histoires qui mettront en lumière les enjeux sociaux, politiques et culturels qui définissent notre époque, et nous continuerons à chercher la vérité à travers chaque histoire que nous publions.»

Le montant que Nicole Eramo recevra en dédommagement reste à déterminer.

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