ISTAMBOUL — La principale formation politique pro-kurde de Turquie, le Parti démocratique des peuples (HDP) entend boycotter les activités législatives du Parlement, après que neuf de ses membres élus eurent été arrêtés.

Le premier ministre turc, Binali Yildirim, a reconnu que ces arrestations étaient une erreur.

Le porte-parole du HDP, Ayhan Bilgen, a toutefois annoncé, dimanche, que le parti cesserait de prendre part à toute commission et assemblée parlementaire. La formation politique ne se retirera pas complètement du Parlement, a-t-il précisé.

La population doit être consultée pour qu’un tel retrait absolu soit possible, a fait valoir M. Bilgen.

Le porte-parole a dit que le HDP entend ainsi mesurer l’opinion du public au sujet de l’arrestation de neuf parlementaires qu’il a qualifiée de «la plus vaste et sombre attaque» de toute l’histoire de la politique démocratique en Turquie.

Le premier ministre Binali Yildirim a appelé le HDP à revenir sur sa décision « avant qu’il ne soit trop tard ». «Paralyser les activités du Parlement est un manque de respect envers les électeurs représentés par le HDP», a-t-il fait valoir dans une apparition à la télévision.

Neuf membres du HDP ont été arrêtés vendredi et accusés de terrorisme, dont les leaders du HDP Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag.

Le HDP a fait son entrée au Parlement turc l’an dernier et détient 59 sièges.

Le gouvernement turc accuse le HDP d’être affilié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ancienne formation politique bannie du pays après avoir mené une insurrection qui a duré trois décennies.

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