PHILADELPHIE — Le directeur du FBI a abruptement annoncé, dimanche, que l’examen de courriels de Hillary Clinton récemment découverts n’avait pas changé sa conclusion selon laquelle la candidate démocrate ne devrait pas faire face à des accusations criminelles. Son annonce a été faite dans une lettre aux élus du Congrès, à deux jours de l’élection présidentielle.

James Comey a affirmé que le FBI avait travaillé sans relâche pour «traiter et examiner un grand nombre de courriels» obtenus d’un appareil appartenant à Anthony Weiner, le membre du Congrès déchu et ex-conjoint de la proche conseillère de Mme Clinton, Huma Abedin.

Ces nouveaux messages avaient été découverts dans le cadre d’une enquête sur M. Weiner, qui a été récemment éclaboussé par un autre scandale de nature sexuelle, impliquant cette fois une adolescente de 15 ans.

Le directeur du FBI a déclaré que le nouvel examen n’avait pas changé le constat de l’organisation fait plus tôt cette année, selon lequel Mme Clinton ne devrait pas être traduite en justice pour sa gestion défaillante d’informations classifiées.

Si la lettre de James Comey dissipe tout doute quant à un éventuel recours aux tribunaux, elle laisse cependant de nombreuses questions en suspens.

Le volume de cette correspondance électronique, de même que son contenu, n’a toujours pas été dévoilé. On ignore également comment ces courriels ont abouti dans l’ordinateur de M. Weiner et le rôle qu’a joué son ancienne conjointe dans cette affaire. L’avocate de Huma Abedin soutient que sa cliente ignore elle aussi comment les messages se sont retrouvés là.

Le FBI avait enquêté pendant un an afin de déterminer si l’ancienne secrétaire d’État avait reçu ou envoyé des informations secrètes par l’entremise de son serveur privé de messageries, situé dans le sous-sol de sa résidence de New York, qui ne devait pas être utilisé pour de tels envois. M. Comey avait déjà indiqué que les enquêteurs avaient trouvé des courriels classifiés sur le serveur de Mme Clinton.

L’agence a finalement tranché que Mme Clinton et son entourage s’étaient montrés «extrêmement négligents», mais que rien ne signalait qu’ils avaient consciemment violé des règles de sécurité nationale.

Lorsque les nouveaux courriels ont fait surface, le FBI a obtenu un mandat de perquisition — malgré les protestations du département de Justice — afin d’évaluer leur pertinence quant à l’enquête criminelle pourtant close depuis le mois de juillet.

L’annonce même d’une nouvelle vérification de courriels, le 28 octobre, avait ébranlé la campagne présidentielle, resserrant l’écart que la candidate démocrate semblait avoir sur son rival républicain, Donald Trump.

Plus tôt dimanche, M. Trump avait prévenu que si Mme Clinton était élue présidente, elle ferait l’objet d’une enquête qui susciterait une «crise constitutionnelle sans précédent».

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