Mosa'ab Elshamy Mosa'ab Elshamy / The Associated Press

MARRAKECH, Maroc — Des négociateurs provenant de partout dans le monde étaient réunis lundi à Marrakech, au Maroc, pour discuter de la mise en place de l’accord de Paris sur les changements climatiques.

Leurs discussions se déroulent sur fond d’incertitude quant à l’impact de l’élection présidentielle américaine de mardi, alors que la température de la planète ne cesse d’augmenter.

La secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la Mexicaine Patricia Espinosa Cantellano, a déclaré aux délégués qu’«aucun politicien ou citoyen, aucun gestionnaire ou investisseur» ne peut douter de la détermination de la planète à se transformer en une «société résiliente, à faibles émissions».

Au total, ce sont 100 pays qui ont ratifié l’accord conclu en décembre dernier à Paris, y compris de grands pollueurs comme les États-Unis, la Chine, l’Union européenne et l’Inde.

Le candidat présidentiel républicain Donald Trump a toutefois promis «d’annuler» l’entente en cas de victoire. Son adversaire, la démocrate Hillary Clinton, appuie les politiques climatiques de l’administration Obama.

«On ne peut pas tenir pour acquis que les buts et les objectifs de l’accord de Paris seront atteints, a prévenu Mme Espinosa. Il est urgent de plafonner les émissions polluantes, tout comme il est urgent de devenir une société plus résiliente au climat.»

C’est la première fois que les pays du monde, par le biais de l’accord de Paris, s’entendent pour combattre le réchauffement climatique en limitant la hausse des émissions de gaz à effet de serre, principalement le dioxyde de carbone provenant des combustibles fossiles.

L’ONU dit que les émissions globales augmentent chaque année, à 52,7 milliards de tonnes en 2014, surtout en raison de la croissance exponentielle de pays comme la Chine, l’Inde et d’autres puissances asiatiques.

Pendant ce temps, le mercure mondial ne cesse de battre des records. L’année dernière a été la plus chaude depuis que des données fiables ont commencé à être compilées au 19e siècle, et celle qui s’achève devrait l’être encore plus.

Par habitant, les pays riches comme les États-Unis, l’Australie et les nations du Golfe sont les pires pollueurs.

«Les pays les plus riches se comportent comme s’il y a avait trois planètes», a déploré la ministre française de l’Environnement, Ségolène Royal. Pendant ce temps, a-t-elle ajouté, les pays africains pauvres souffrent des conséquences quand leurs terres arables se transforment en déserts.

«Les changements climatiques en Afrique sont les plus cruels et les plus injustes», a-t-elle dit, en rappelant que les pays africains n’ont que très peu contribué au problème.

Les délégués discuteront pendant deux semaines pour encadrer la mise en place de l’accord de Paris, notamment en ce qui concerne la mesure et la divulgation des émissions pour que les pays soient tenus redevables.

L’accord vise à limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle, et possiblement à seulement 1,5 degré Celsius. Le climat s’est déjà réchauffé d’un degré depuis la révolution industrielle.

Même en tenant compte des réductions déjà acceptées, la Terre devrait se réchauffer d’environ trois degrés.

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