Nozomu Endo Nozomu Endo / The Associated Press

TOKYO — Les locaux de la plus importante agence publicitaire du Japon, Dentsu, ont été perquisitionnés par les autorités lundi, après l’ouverture d’une enquête criminelle relativement au suicide d’une employée de 24 ans qui se plaignait de surmenage.

La compagnie est soupçonnée d’exiger systématiquement, et illégalement, des heures supplémentaires à ses employés.

Le gouvernement japonais a reconnu en septembre que la jeune femme, Matsuri Takahashi, est morte de «karoshi» (qui se traduit par «surmenage»).

Des agents des ministères du Travail, de la Santé et du Bien-être ont visité le siège social de Dentsu, à Tokyo, et les bureaux de trois succursales; la compagnie est soupçonnée d’avoir enfreint la loi en contraignant Mme Takahashi à effectuer systématiquement de longues heures supplémentaires.

Les enquêteurs soupçonnent que la pratique est répandue chez Dentsu. Des centaines de décès et de maladies sont attribués au «karoshi» chaque année, malgré les efforts mis en place pour contrer le problème.

Les enquêteurs ont découvert que Mme Takahashi travaillait plus de 100 heures supplémentaires chaque mois, alors qu’une limite de 80 heures/semaine est imposée au «karoshi». On lui aurait toutefois demandé de déclarer moins de 70 heures supplémentaires par semaine, soit la limite imposée à l’interne par Dentsu.

Les entreprises japonaises peuvent décider elles-mêmes de la quantité d’heures supplémentaires qu’elles jugent acceptables, ce qui neutralise complètement la loi qui prescrit une semaine de travail de 40 heures. Les heures supplémentaires travaillées chez Dentsu et ailleurs ne sont souvent pas déclarées, selon des responsables.

Le président de Dentsu, Tadashi Ishii, a promis de collaborer avec l’enquête. La compagnie a assuré qu’elle met tout en oeuvre pour combattre le «karoshi», allant même jusqu’à éteindre les lumières à 22 h.

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