JONATHAN HAYWARD JONATHAN HAYWARD / La Presse Canadienne

MARRAKECH, Maroc — Le climat de la planète au cours des cinq dernières années a été chaud et fou, et l’empreinte humaine se fait de plus en plus visible, a annoncé mardi l’agence météorologique des Nations unies.

Un rapport dévoilé par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) à Marrakech, au Maroc, ajoute que cette période de cinq ans a été la plus chaude jamais enregistrée.

Cela n’a rien d’étonnant, puisque les rapports annuels de l’OMM ont témoigné de nouveaux records en 2014 et 2015. L’agence onusienne estime toutefois qu’une période de cinq ans offre un meilleur survol du réchauffement de la planète et de la fréquence des événements météorologiques extrêmes, comme les sécheresses prolongées et les vagues de chaleur récurrentes.

Le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, a dit que 2015 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, puis il a prévenu que ce record sera probablement battu en 2016. Les données préliminaires de l’OMM à ce sujet sont attendues la semaine prochaine.

S’il est difficile de tracer un lien entre des événements météorologiques individuels et les changements climatiques, le rapport constate que plusieurs événements extrêmes pendant cette période ont été rendus plus probables par le réchauffement causé par l’humain. Dans le cas des canicules, par exemple, la probabilité a augmenté par un facteur de 10 ou plus, selon le document.

L’OMM cite en exemple les vagues de chaleur qui ont touché les États-Unis en 2012 et l’Australie en 2013, les étés chauds dans l’est de l’Asie et l’ouest de l’Europe en 2013, les canicules printanières et automnales en Australie en 2013, une chaleur annuelle sans précédent en Europe en 2014, et la canicule qui a balayé l’Argentine en décembre 2014.

Le rapport ne constate toutefois aucun lien entre les changements climatiques et les précipitations abondantes.

Des climatologues qui n’ont pas participé à la réalisation du document estiment qu’il sonne l’alarme en démontrant que même les objectifs contenus dans l’accord signé à Paris en décembre 2015 ne seront peut-être pas suffisants.

L’accord vise à limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés Celsius par rapport à l’ère préindustrielle, et possiblement à seulement 1,5 degré Celsius. Le climat s’est déjà réchauffé d’un degré depuis la révolution industrielle.

Même en tenant compte des réductions déjà acceptées, la Terre devrait se réchauffer d’environ trois degrés.

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Parmi les autres faits saillants du rapport:

– La couverture de la glace arctique en été était inférieure de 28 pour cent à la moyenne établie entre 1981 et 2010; le creux a été atteint en 2012. En revanche, la couverture de la glace dans l’Antarctique a été supérieure à la moyenne, surtout en hiver.

– La fonte de la calotte glaciaire au Groenland, qui contribue à la hausse du niveau de la mer, s’est poursuivie à un rythme supérieur à la moyenne, surpassant la moyenne 1981-2010 pendant chacune des cinq années entre 2011 et 2015. Les glaciers de montagne ont aussi perdu du terrain.

– La couche de neige dans l’hémisphère nord a été «nettement inférieure à la moyenne» pendant ces cinq années, poursuivant sa tendance prononcée vers le bas.

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