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MARRAKECH, Maroc — L’élection d’un président américain qui a déjà déclaré que les changements climatiques ne sont qu’un «canular» remet potentiellement en question l’avenir de l’accord de Paris sur les changements climatiques, selon certains experts.

L’élection de Donald Trump a eu l’effet d’une douche froide sur les délégués représentant quelque 200 pays qui sont réunis à Marrakech, au Maroc, pour discuter de la mise en place de l’entente conclue dans la capitale française en décembre dernier.

La présidente de l’archipel des îles Marshall, qui est directement menacé par la hausse du niveau des mers, a dit espérer que M. Trump réalisera maintenant que les changements climatiques représentent une menace bien réelle.

La leader du groupe environnemental 350.org, May Boever, a qualifié l’élection de M. Trump de «désastre». Elle a dit que les écologistes devront appuyer de toutes leurs forces sur l’accélérateur, pour contrer la pression exercée par le nouveau président sur les freins.

Comparativement au président sortant Barack Obama, qui avait placé la lutte aux changements climatiques au coeur de sa présidence, M. Trump a déjà lancé sur les réseaux sociaux que le réchauffement de la planète est un «canular», et il s’est engagé en mai à déchirer l’accord de Paris. Plus de 100 pays, dont les États-Unis, ont signé cette entente qui vise à ralentir ce réchauffement et à aider les pays les plus vulnérables à s’adapter aux changements climatiques.

Plusieurs délégués réunis au Maroc ont assuré que les autres pays iront de l’avant avec l’accord, peu importe ce que font les États-Unis.

Un retrait de l’accord de Paris prendrait quatre ans, soit la totalité d’un mandat présidentiel aux États-Unis, mais M. Trump pourrait tout simplement décider de faire fi de l’engagement pris par l’administration Obama de réduire les émissions américaines de 26 ou 28 pour cent d’ici 2025, comparativement aux niveaux de 2005. Ces engagements sont volontaires et aucune pénalité n’est prévue pour les pays qui ratent la cible.

Alden Meyer, de l’Union of Concerned Scientists, a dit espérer que M. Trump adoptera une position plus «responsable» une fois installé dans le Bureau ovale.

«Même lui n’a pas le pouvoir de modifier et de changer les lois de la physique, de stopper les impacts des changements climatiques, de mettre fin à la hausse du niveau des mers», a-t-il dit.

Le glaciologue Jason Box, de l’Institut géologique du Danemark et du Groenland, a dit qu’il s’agit d’un «résultat électoral misérable» pour la protection de l’environnement.

L’American Energy Alliance, qui représente l’industrie des hydrocarbures, a plutôt salué l’élection de M. Trump.

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