NEW YORK — Au lendemain de la victoire inattendue de Donald Trump, qui deviendra le 45e président de l’histoire des États-Unis, Hillary Clinton a déploré mercredi que les États-Unis soient «plus divisés qu’on ne le croyait», tout en déclarant à ses partisans que le nouveau président a droit à «l’ouverture d’esprit» des Américains, et qu’on doit lui donner la chance de diriger le pays.

Prenant la parole devant une foule de collaborateurs et de partisans à la mine défaite, Mme Clinton a admis que sa défaite «est douloureuse, et ça le restera encore longtemps».

Le triomphe de M. Trump, qui n’a été annoncé que tard pendant la nuit, mettra fin à huit années de gouvernement démocrate. Il pourra profiter du contrôle républicain de la Chambre des représentants et du Sénat pour diriger un pays profondément meurtri par sa campagne brutale face à Mme Clinton.

Il devra également composer avec des divisions au sein même de son parti compte tenu du nombre de Républicains qui ne l’ont appuyé que du bout des lèvres, quand ils ne lui tournaient pas carrément le dos.

M. Trump a demandé mercredi aux Américains «de redevenir un seul peuple».

Ce sentiment a été repris par le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, qui comptait parmi les partisans les plus tièdes de M. Trump. «Il faut que ce soit une période de rédemption, et non une période de récriminations», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, avant d’ajouter que M. Trump a mérité la chance de mettre son programme en oeuvre.

Mme Clinton a concédé sa défaite lors d’un appel à son rival.

Elle détenait une mince avance au chapitre du vote populaire avec le dépouillement de millions de votes encore à venir, mais la majorité de ces votes avaient été exprimés dans des États largement démocrates comme la Californie. Un décompte effectué par l’Associated Press accorde 47,7 pour cent des voix à Mme Clinton et 47,5 pour cent à M. Trump.

Adoptant le ton le plus magnanime possible après une course impitoyable, Mme Clinton a souhaité la meilleure des chances à l’homme qu’elle avait traité de danger pour l’Amérique et le monde pendant la campagne.

«Nous constatons que notre pays est plus profondément divisé que nous le croyions, a dit la candidate défaite lors d’un discours qu’elle espérait ne jamais devoir prononcer. Mais j’ai toujours foi en l’Amérique, et j’aurai toujours foi en l’Amérique.»

Le président sortant Barack Obama a lui aussi félicité M. Trump lors d’un appel téléphonique, puis il l’a invité à la Maison-Blanche jeudi. Il a dit que, malgré cette défaite amère pour les démocrates, «le soleil s’est levé» quand même mercredi matin.

Mme Clinton a déclaré que cette campagne a été «un des plus grands honneurs» de sa vie. L’issue est douloureuse, a-t-elle dit, mais l’effort n’était pas pour elle, «mais pour le pays que nous aimons».

Elle a ensuite ajouté que sa défaite signifie que «le plafond le plus haut et le plus tenace» n’a toujours pas été défoncé, mais «quelqu’un le fera, un jour». Aux petites filles à l’écoute, elle a lancé que «vous avez de la valeur, et vous êtes puissantes, et vous méritez toutes les chances d’atteindre vos propres rêves».

Mme Clinton a pris la parole dans un hôtel de New York, où elle a été accueillie par les applaudissements nourris de ses partisans. Elle était accompagnée sur la scène par son mari Bill et sa fille Chelsea.

Les Américaines ont très majoritairement voté en faveur de Mme Clinton, pendant que les hommes se rangeaient derrière M. Trump. Plus de la moitié des électeurs blancs ont appuyé le candidat républicain, tandis que près de 90 pour cent des Noirs et les deux tiers des latinos choisissaient le camp démocrate.

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