WASHINGTON — Ses amitiés ont été mises à l’épreuve, ses méthodes contestées, mais au bout du compte, il a encore eu raison. Allan Lichtman a désormais prédit avec succès les résultats de neuf élections présidentielles consécutives — incluant la victoire de Donald Trump — grâce à un modèle qu’il a créé.

M. Lichtman est très critique des sondages et des journalistes politiques qui s’en inspirent, et affirme que son questionnaire en 13 parties est beaucoup plus probant dans ses prédictions que les cartes numérisées des batailles par État.

Le professeur d’histoire à l’American University à Washington a tout de même dit, mercredi, qu’il ne tirait aucune satisfaction à avoir eu raison sur la victoire du controversé républicain Donald Trump.

M. Lichtman estime que les analystes électoraux errent en étudiant une campagne comme une série de zones de combat — le nord en opposition au sud de la Floride, l’ouest par rapport à l’est de la Pennsylvanie, etc. Il préfère voir tout cela comme un jeu de dominos, les morceaux s’abattant les uns sur les autres.

Le professeur a dit croire que les campagnes américaines étaient l’affaire d’élans insufflés à un candidat ou à l’autre.

Au début des années 1980, un collègue et lui-même ont examiné les résultats électoraux depuis la guerre civile et ont repéré des tendances. Ils ont établi 13 affirmations vraies ou fausses, et déterminé que si la réponse à six d’entre elles ou plus était «fausse», le parti au pouvoir allait subir la défaite. Parmi ces affirmations figurent «l’économie n’est pas en récession»; «il n’y a pas de course véritable pour l’investiture du parti au pouvoir»; «le parti a remporté des sièges au cours des deux précédents demi-mandats» et «le candidat est charismatique ou un héros national».

La méthode a porté ses fruits chaque fois depuis 1984.

Cette fois, le sixième et ultime domino s’est abattu sur Hillary Clinton durant les primaires — en ayant une concurrence étonnamment forte de la part du sénateur Bernie Sanders.

M. Lichtman a rapidement prédit une victoire de M. Trump dans des entrevues, et s’est attiré la foudre de certains.

«Pas de courriels haineux. Mais une tonne de critiques», a dit le professeur âgé de 69 ans, qui avait déjà brigué un siège démocrate au Sénat dans le Maryland.

«Je crois que j’ai perdu tous mes amis démocrates, à tout le moins pour un certain moment. J’ai subi beaucoup de pressions pour changer ma prédiction», a-t-il confié.

Aussi dans Monde :

blog comments powered by Disqus