AP

PARIS — À la veille du premier anniversaire des attentats de Paris qui ont fait 130 morts, le Bataclan a rouvert ses portes samedi soir à l’occasion d’un concert de Sting.

Le chanteur britannique a donné le premier concert dans cette salle, où 90 des victimes avaient péri. Les proches des victimes ont d’ailleurs été conviés à l’événement.

Les attaques coordonnées du 13 novembre 2015 avaient fait un total de 130 morts et blessé des centaines de personnes. Il s’agit du pire épisode de violence terroriste dont la France a été victime à ce jour. Daech (le groupe armé État islamique) en a revendiqué la responsabilité.

Les 1000 billets pour le concert de samedi soir se sont tous envolés en l’espace de «moins de 30 minutes», a indiqué le personnel du Bataclan. Sting n’en est pas à son premier passage dans cette salle. Il y a notamment donné un concert en 1979 alors qu’il était la tête d’affiche du groupe The Police.

Un ample dispositif de sécurité a été mis en place autour de la salle de concert: des barricades disposées sur plusieurs centaines de mètres, fouilles corporelles et plusieurs policiers armés attendaient les spectateurs.

Vêtu d’un simple t-shirt de couleur foncée, Sting, qui parle couramment le français, a demandé à la foule d’observer une minute de silence avant d’amorcer son concert.

«Nous ne les oublierons pas, a promis le chanteur. Ce soir nous avons deux tâches à concilier: d’abord se souvenir de ceux qui ont perdu la vie dans l’attaque, ensuite célébrer la vie, la musique dans ce lieu historique.»

Il a ensuite enchaîné en interprétant une série de succès dont Message in a Bottle et Fragile. Il a aussi joué une nouvelle chanson intitulée Inch’Allah, qui porte sur le sort des migrants en mer Méditerranée. Le chanteur était notamment accompagné par le trompettiste franco-libanais, Ibrahim Maalouf.

Sting a sorti vendredi son plus récent album, «57th & 9th».

Les profits du spectacle iront aux familles endeuillées, de même qu’à des groupes de soutien pour les survivants de telles attaques.

Tous les survivants et leurs proches n’ont toutefois pas été invités au concert, ce qui a suscité la critique chez plusieurs personnes. Faute de place, seules les familles des victimes décédées se sont vu remettre des billets.

Un survivant à l’attentat du Bataclan, Alexis Lebrun, qui est porte-parole de l’association Life for Paris, a dit comprendre que le Bataclan n’ait pas pu inviter tout le monde étant donné la capacité maximale de la salle de concert.

«Si nous avions tous été invités, moins d’argent aurait pu être amassé», a-t-il soutenu.

Selon les chiffres officiels, plus de 1700 personnes sont considérées comme des victimes des attaques survenues au Bataclan, dans des cafés de Paris et au stade de France. Le Bataclan peut recevoir jusqu’à 1500 spectateurs.

Certaines personnes ayant été invitées ont par ailleurs préféré ne pas assister au concert de samedi soir puisque la salle de spectacles leur rappelle de sombres souvenirs chargés d’émotion.

«Je ne veux pas mettre les pieds au Bataclan, même si Sting est une légende. Je resterai avec ma famille ce soir», a confié le père d’une des victimes du 13 novembre, Aurélie de Peretti.

Augustin Perrin a survécu au massacre. Son copain Nicolas Berthier n’a pas eu cette chance.

«Je suis venu seul ce soir. C’est très émouvant. Des souvenirs de cette soirée me reviennent en tête. J’étais assis là-bas, de l’autre côté du bar quand tout est arrivé. C’est la première fois que je reviens ici depuis ces événements.

Le 13 novembre 2015, la prestation du groupe californien Eagles of Death Metal avait tourné au cauchemar lorsque la salle avait été prise d’assaut par trois kamikazes islamistes.

Le directeur du Bataclan, Jérôme Langlet, a dit espérer que la salle redevienne l’une des plaques tournantes du monde de la musique au sein de la capitale française.

La célèbre salle a été entièrement remise à neuf et prévoit accueillir 24 concerts dans les prochains mois, alors que l’état d’urgence est toujours en vigueur dans l’Hexagone.

Dimanche, le président François Hollande et la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, inaugureront des plaques commémoratives à chacun des six sites visés par Daech il y a un an.

Neuf victimes sont toujours hospitalisées et d’autres souffrent de séquelles irréversibles. Selon le gouvernement français, plus de 600 personnes reçoivent également du soutien psychologique à la suite de cette série d’attaques meurtrières.

Aussi dans Monde :

blog comments powered by Disqus