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MARRAKECH, Maroc — L’année 2016 sera la plus chaude jamais enregistrée, a prévenu lundi l’agence météorologique des Nations unies, au moment où un autre rapport démontre que les émissions de gaz à effet de serre se sont stabilisées depuis trois ans.

Ces informations ont fait peser à la fois optimisme et inquiétude sur la conférence climatique de Marrakech, au Maroc.

Le patron de l’Organisation météorologique mondiale, Petteri Taalas, a dit que les températures élevées de 2015 seront surpassées en 2016. Des données préliminaires compilées par l’OMM jusqu’en octobre révèlent que la température de la planète, gonflée par le phénomène El Niño, est supérieure de 1,2 degré Celsius aux niveaux préindustriels.

On s’approche donc du réchauffement maximal de deux degrés prévu par l’accord conclu à Paris en décembre dernier.

L’OMM a dit que 16 des 17 années les plus chaudes jamais mesurées l’ont été pendant ce siècle. La seule exception fut 1998, quand El Niño s’était aussi manifesté.

M. Taalas a révélé que des secteurs de l’Arctique russe ont vu des températures supérieures de six ou sept degrés Celsius à la moyenne.

Les environnementalistes estiment que cela illustre le besoin de réduire le plus rapidement possible les émissions de gaz à effet de serre, mais un rapport dévoilé lundi indique que les émissions de dioxyde de carbone sont demeurées stables depuis trois ans. Les auteurs préviennent toutefois qu’on ne sait pas si ce déclin, qui est essentiellement dû à un recul de l’utilisation du charbon en Chine, est permanent ou temporaire.

Un expert a lancé qu’il est beaucoup trop tôt pour annoncer qu’un sommet a été atteint.

L’étude prédit que les émissions de CO2 provenant des combustibles fossiles et de l’industrie augmenteront de seulement 0,2 pour cent cette année, ce qui voudrait dire que les émissions plafonnent à 36 milliards de tonnes métriques depuis trois ans en dépit de la croissance de l’économie mondiale.

Cela voudrait donc également dire que le lien entre la croissance économique et l’augmentation des émissions a été rompu, ce qui est essentiel à la lutte aux changements climatiques.

Les émissions chinoises ont fléchi de 0,7 pour cent en 2015 et devraient reculer de 0,5 pour cent en 2016. Les chercheurs notent toutefois que les données énergétiques chinoises sont souvent peu fiables.

Mais même si la situation devait s’améliorer en Chine, poursuit l’étude, des pays en plein développement comme l’Inde pourraient causer une hausse des émissions globales. Les émissions indiennes ont augmenté de 5 pour cent en 2015.

Les émissions américaines ont reculé de 2,6 pour cent l’an dernier et devraient chuter de 1,7 pour cent cette année, alors que le gaz naturel et les énergies renouvelables remplacent le charbon, mais l’élection de Donald Trump à la présidence risque de tout mettre en péril.

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