NEW YORK — Un regroupement d’organisations humanitaires demande à l’Afrique, à l’Europe et aux Nations unies de déployer une force civile de protection au Burundi pour empêcher une éventuelle guerre civile, voire un génocide.

La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et la Ligue burundaise des droits de la personne (ITEKA) préviennent dans un rapport publié mardi que la décision récente du gouvernement burundais de se distancer de la communauté internationale est de mauvais augure pour les citoyens considérés hostiles au régime.

Le rapport évoque notamment la décision du gouvernement de se retirer de la Cour pénale internationale, sa dénonciation d’un rapport onusien sur les droits de la personne qui condamnait le régime, son expulsion d’experts de l’ONU et de l’Union africaine et sa suspension de cinq organisations burundaises de défense des droits, dont ITEKA.

Le gouvernement burundais a rapidement accusé les auteurs de rapport de chercher à renverser le régime.

Les plus récents troubles ont éclaté l’an dernier au Burundi, quand le président Pierre Nkurunziza a brigué et obtenu un troisième mandat que plusieurs jugent inconstitutionnel. Le rapport affirme que la violence qui a suivi a fait plus d’un millier de morts. Quelque 8000 personnes auraient aussi été détenues, et entre 300 et 800 autres manqueraient à l’appel.

Des centaines des personnes, dont des femmes, auraient été torturées et soumises à des sévices sexuels.

La FIDH et ITEKA, qui comptent toujours des observateurs au pays, affirment que des crimes contre l’humanité y sont commis quotidiennement, notamment des exécutions extrajudiciaires et des gestes de torture.

Le Burundi a refusé cette année le déploiement de 5000 soldats de l’Union africaine et de 228 policiers des Nations unies sur son territoire.

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