MOSCOU — Le président russe Vladimir Poutine a signé mercredi un décret qui entraînera le retrait de son pays de la Cour pénale internationale, qui se prononce notamment dans des dossiers de génocide et de crimes contre l’humanité.

La Russie avait signé en 2000 le Statut de Rome qui donnait naissance à la CPI, mais elle ne l’avait jamais ratifié et n’en était donc pas officiellement membre.

Le décret de M. Poutine, qui a été publié sur le site internet du Kremlin, survient au lendemain de la décision du comité des droits de la personne de l’Assemblée générale des Nations unies d’adopter une résolution qui condamne «l’occupation temporaire de la Crimée» par la Russie.

La résolution blâme aussi Moscou pour la violation des droits de certains Criméens, comme les Tartares.

La Russie a annexé la Crimée en 2014 au terme d’un référendum organisé en toute hâte, ce qui lui vaut aujourd’hui des sanctions sévères de la part de l’Occident. La Russie appuie également l’insurrection séparatiste qui a vu le jour dans l’est de l’Ukraine au cours des mois suivants.

La CPI a publié lundi un rapport préliminaire dans lequel elle décrit les événements en Crimée comme «un conflit international armé entre l’Ukraine et la Fédération de Russie».

Le porte-parole de M. Poutine, Dimitri Peskov, a expliqué que la Russie se retirait de la CPI pour protéger son «intérêt national», avant d’ajouter que ce retrait n’est qu’une formalité puisqu’elle n’a jamais ratifié le traité.

Pour sa part, le ministère russe des Affaires étrangères a rappelé par voie de communiqué que la CPI n’a rendu que quatre jugements en 14 ans, tout en entraînant des dépenses de plus d’un milliard de dollars américains.

Plusieurs pays africains ont récemment annoncé leur intention de se retirer de la CPI.

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