TUNIS, Tunisie — Des Tunisiens qui ont enduré des décennies de dictature ont profité jeudi de la première audience publique de la commission de réconciliation pour dénoncer les exactions dont ils ont été victimes.

L’Instance Vérité et Dignité a été créée en 2013 et environ 11 000 audiences se sont déjà déroulées à huis clos. Mais deux journées d’audiences publiques organisées à Sidi Bou Said, en banlieue de Tunis, permettent à tout le pays de prendre connaissance de la situation.

Plus de 62 000 plaintes ont été déposées auprès de la commission. Elles traitent notamment de meurtres, de corruption et d’actes de torture commis par les policiers.

La commission espère faire éclore la vérité et mettre fin à l’impunité. Ceux estimés coupables devraient présenter leurs excuses à leurs victimes et au peuple tunisien. Des dédommagements moraux et matériels seront examinés.

Il existe toutefois des désaccords entre la commission et le gouvernement, dont certains dirigeants qui étaient membres du régime du leader déchu Zine El Abidine Ben Ali. Le soulèvement populaire qui a éclaté en 2011 a chassé ce dernier du pouvoir et donné naissance au printemps arabe.

Les premiers témoins ont été choisis en fonction de la gravité de leurs plaintes et de leur distribution géographique.

Les audiences ont été symboliquement organisées au Club Elyssa, où l’ancienne première dame Leila Ben Ali, qui était méprisée par plusieurs Tunisiens, organisait des réceptions.

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