Matt Rourke

NEW YORK — Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, a pourvu trois postes de premier plan au sein de son équipe au cours des dernières heures, ce qui permet d’anticiper un virage à droite très prononcé de la sécurité nationale américaine.

M. Trump a offert le poste de conseiller à la sécurité nationale au général à la retraite Michael Flynn, le poste de procureur général au sénateur républicain de l’Alabama Jeff Sessions, et le poste de directeur de l’agence américaine du renseignement, la CIA, au représentant républicain Mike Pompeo.

Les trois hommes comptaient parmi les détracteurs les plus virulents des politiques du président sortant Barack Obama en matière de terrorisme et de relations internationales.

Ces nominations permettent aussi à M. Trump de récompenser deux hommes, le général Flynn et M. Sessions, qui se sont ralliés à lui dès le début.

M. Trump n’a aucune expérience de la politique étrangère et ses choix à ce sujet sont épiés de près. Les nominations de MM. Sessions et Pompeo devront être entérinées par le Sénat, mais non celle du général Flynn.

M. Trump a déclaré par voie de communiqué vendredi que le militaire à la retraite — qui a jadis déclaré que l’islam est une «idéologie politique (qui) se camoufle derrière une religion» — «sera à mes côtés pendant que nous luttons pour vaincre le terrorisme islamique radical, que nous affrontons les défis géopolitiques et que nous assurons la sécurité des États-Unis ici et à l’étranger».

Le général Flynn a dirigé l’agence américaine du renseignement militaire entre 2012 et 2014. Il a ensuite agi comme conseiller sur les questions de sécurité nationale pendant la campagne présidentielle de M. Trump. Le général Flynn souhaite une collaboration plus étroite entre Washington et Moscou, ce qui inquiète certains experts. Il estime également que la lutte à Daech (le groupe armé État islamique) nécessite une approche plus agressive et que l’entente sur le nucléaire iranien doit être renégociée.

M. Trump a adopté des positions similaires pendant sa campagne.

M. Sessions a été le tout premier sénateur à se rallier à la bannière de M. Trump qui, vendredi, l’a décrit comme «un esprit juridique de première classe». Sa nomination au poste de procureur général pourrait toutefois être compliquée par des propos racistes qui lui ont déjà été attribués.

Il s’est querellé dans le passé avec des procureurs généraux démocrates concernant la fermeture de la base de Guantanamo et quant à savoir si les individus soupçonnés de terrorisme sont protégés par la Constitution américaine lors de leur comparution devant des tribunaux civils.

M. Pompeo est un républicain conservateur du Kansas. Il a lui aussi vertement dénoncé l’accord iranien et critiqué Hillary Clinton relativement à l’attaque de l’ambassade américaine à Benghazi, en Libye. Il détient un diplôme en droit de l’Université Harvard et est membre du comité du renseignement de la Chambre des représentants.

M. Trump rencontrera en fin de semaine l’ancien candidat présidentiel Mitt Romney, qui serait en lice pour le poste de secrétaire d’État.

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