AP Selon M. Kopko, «Obama doit assurer aux alliés des Américains que la transition du pouvoir se fera en douceur et que les relations américaines ne changeront pas du tout au tout avec la nouvelle administration».

BERLIN — C’est bien la dernière façon dont Barack Obama s’imaginait occcuper les derniers mois de sa présidence: conseiller son successeur désigné, Donald Trump, sur les moyens de devenir un bon leader sur la scène internationale.

Pendant que le républicain rencontre les aspirants membres de sa future administration, du haut de sa tour à New York, le président sortant s’affaire à donner un coup de pouce à son successeur sur autant de sujets que la politique, le style et la façon de laisser retomber la poussière au terme d’une campagne électorale acrimonieuse.

Alors qu’il effectuait son dernier séjour à l’étranger en tant que chef d’État, Barack Obama a dû rassurer plusieurs dirigeants de pays alliés aux États-Unis, qui s’inquiètent des changements qui s’annoncent avec l’élection de Donald Trump.

À la chancelière allemande, Angela Merkel, il a notamment fait valoir que son successeur allait bien vite réaliser que les responsabilités qui viennent avec le poste de président ne peuvent être prises à la légère et qu’un pays aussi diversifié que les États-Unis ne peut être gouverné autrement qu’à travers l’écoute et le dialogue.

«Je vais faire tout ce que je peux dans les deux prochains mois pour (faire en sorte) que ce soit ce qui arrive», a-t-il dit lors de son passage à Berlin.

Reste toutefois à savoir à quel point Donald Trump sera prêt à recevoir une telle aide, ayant qualifié Barack Obama de pire président de l’histoire des États-Unis durant la campagne électorale. Le républicain s’est à tout le moins montré ouvert à recevoir les conseils du président sortant, à la grande surprise de l’équipe de Barack Obama, quand tous deux se sont rencontrés dans le bureau ovale quelques jours après l’élection.

La Maison-Blanche ne s’était pas préparée à consacrer autant d’énergie à épauler le futur président. Dans l’optique où l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton l’aurait emporté — scénario qui était attendu par l’équipe de transition de Barack Obama —, celle-ci n’aurait été conviée qu’à des séances de perfectionnement ou de mise à jour sur certains dossiers.

Mais, face au dénouement aujourd’hui connu, le chef de cabinet Denis McDonough a ajouté au matériel préparatoire et aux breffages de transition de nombreux renseignements de base qui n’y étaient pas inclus initialement. C’est ce qu’ont indiqué des responsables sous le couvert de l’anonymat.

Barack Obama et ses proches conseillers ont été exaspérés de constater, lors de la rencontre dans le bureau ovale, le manque de connaissance du président désigné sur des enjeux clés, ont raconté ces sources. Les conseillers de Donald Trump ont par ailleurs paru peu familiers quant aux procédures qui prévalent pour combler les postes à la Maison-Blanche.

S’il s’est senti traité avec condescendance par Barack Obama et son équipe, Donald Trump n’en a rien laissé paraître. Au sortir de la rencontre, le président élu s’est d’ailleurs dit prêt à conserver certains éléments centraux de la réforme de la santé du président Obama («Obamacare»). Il avait pourtant promis, en campagne, d’abroger entièrement le projet phare de son prédécesseur.

Barack Obama en a également rassuré plus d’un sur les intentions de Donald Trump quant à l’OTAN, alors qu’il complétait son dernier voyage en tant que président, lequel l’a mené en Grèce, en Allemagne et au Pérou.

«J’ai été encouragé d’entendre le président désigné insister sur le fait que l’OTAN est un engagement (et que cela) ne change pas», a-t-il dit en Allemagne en évoquant leur discussion dans le bureau ovale.

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