PARIS — Un ancien membre de la Légion étrangère qui a gravi les échelons de Daech (le groupe armé État islamique) aurait participé aux attentats de Paris, en novembre 2015, et dirigé un groupe de 300 djihadistes, selon les États-Unis.

Les dirigeants français se font très discrets quant au rôle possible d’Abdelilah Himich, qui compte parmi trois membres de Daech désignés comme terroristes par Washington mardi. Son nom n’apparaît pas dans le dossier des attaques qui ont fait 130 morts à Paris, selon le bureau du procureur de la capitale française.

Himich pourrait être le «Abou Souleymane» évoqué par certains des djihadistes du 13 novembre, croit un expert français du terrorisme qui prévient toutefois que les services du renseignement de la planète ne s’entendent pas sur le rôle qu’il aurait joué.

Jean-Claude Brisard explique qu’Himich occupait une position importante au sein de Daech, mais qu’il a perdu des plumes et a été emprisonné par le groupe après les attaques de Bruxelles qui ont fait 32 morts en mars. Son rôle a vraisemblablement été comblé par d’autres, a-t-il dit.

Himich est un citoyen marocain qui a vécu pendant dix ans à Lunel, une ville française connue comme un centre de recrutement djihadiste.

Le quotidien Le Monde affirme qu’il s’est enrôlé dans la Légion étrangère à l’âge de 19 ans en utilisant un pseudonyme, comme cela est souvent le cas dans cette force irrégulière. Il a servi pendant deux ans, notamment en Afghanistan, avant de rentrer à Lunel.

Il aurait ensuite été membre d’un groupe d’une vingtaine de jeunes qui ont quitté Lunel pour se rendre en Syrie et en Irak. La plupart d’entre eux ont rejoint Daech, mais huit sont décédés, au moins un est incarcéré en France et les autres espèrent pouvoir rentrer à la maison, selon un membre du conseil municipal de Lunel.

Himich aurait fondé un bataillon composé de 300 djihadistes européens. Le département d’État américain affirme qu’il a envoyé ses hommes combattre en Irak, en Syrie et ailleurs.

Lors des attentats du 13 novembre, un otage retenu au Bataclan a entendu un djihadiste demander si on «devrait appeler Abou Souleymane». Ce nom, épelé de différentes façons, compte parmi les pseudonymes d’Himich dans le communiqué américain.

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