Pablo Martinez Monsivais

PALM BEACH, Fla. — Alors que le président désigné Donald Trump s’affaire à assembler la nouvelle administration de la Maison-Blanche, il se préparerait également à amasser des dizaines de millions de dollars pour financer les festivités entourant son investiture.

Après s’être engagé à enrayer la prétendue corruption de Washington par des groupes d’intérêt, le milliardaire n’aurait établi aucune limite pour les dons de particuliers, a confirmé jeudi un membre du Comité de l’investiture présidentielle, sous le couvert de l’anonymat.

Le futur 45e président des États-Unis aurait néanmoins fixé un plafond d’un million de dollars américains pour les contributions d’entreprises. Son équipe aurait également choisi de refuser tout don de syndicats ou de lobbyistes figurant au registre.

En 2009, lorsque Barack Obama avait prêté serment pour la première fois, les dons de particuliers ne pouvaient excéder 50 000 $ US. Le président sortant avait également interdit toute contribution d’entreprises, de syndicats ou de lobbyistes. Il avait cependant ouvert les vannes lors de sa deuxième investiture, n’imposant aucune limite, quelle qu’elle soit.

Bien que la stratégie de financement de M. Trump soit inachevée, il devrait amasser bien plus que ne l’avait fait son prédécesseur en 2013, avec 43 millions $ US.

Si les contribuables américains couvrent les frais des activités officielles entourant l’investiture de leur président, les dons extérieurs financent les fêtes et les bals en marge de l’événement.

À la veille de l’Action de grâce aux États-Unis, M. Trump a lancé sur les réseaux sociaux un appel à l’unité après l’éprouvante course à la Maison-Blanche. La cohésion est devenue un thème récurrent de ses rares apparitions publiques, à la suite d’une campagne électorale durant laquelle il a continuellement assailli ses adversaires — démocrates comme républicains — d’attaques personnelles.

Depuis sa victoire au scrutin du 8 novembre, l’ancienne vedette de téléréalité a concentré son énergie sur la formation de son gouvernement. Le cabinet en devenir a accueilli cette semaine son tout premier membre issu d’une minorité avec la désignation de la gouverneure de Caroline du Sud à titre d’ambassadrice des États-Unis aux Nations unies. Nikki Haley, d’origine indienne, ainsi que la partisane des écoles à charte Betsy DeVos sont par ailleurs les premières femmes sélectionnées pour des postes hauts placés de l’administration Trump.

Le neurochirurgien à la retraite Ben Carson a déclaré mercredi qu’une annonce relative à son éventuel mandat était imminente. Si on lui confie, comme le veut la rumeur, les fonctions de ministre du Logement, il deviendra le premier Afro-Américain à intégrer l’équipe du magnat de l’immobilier.

Ces nominations surviennent alors que Donald Trump cherche à se dissocier de l’«alt-right» (la «droite alternative») — un mouvement de suprémacistes blancs qui continuent à célébrer son élection. La semaine dernière, la désignation de Steve Bannon à titre de stratège principal avait suscité la controverse en raison de ses liens avec un site web d’extrême droite jugé raciste.

Alors que Donald Trump entrera en fonction dans moins de 60 jours, il lui reste une centaine de postes gouvernementaux majeurs à pourvoir.

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