The Associated Press Des Américains d'origine cubaine célébraient la mort de Fidel Castro, samedi soir.

MIAMI — La mort du révolutionnaire et homme d’État cubain Fidel Castro a suscité des réactions partagées aux États-Unis.

Réagissant samedi matin, le président sortant Barack Obama a dit que son gouvernement «tendait la main en guise d’amitié au peuple cubain» alors que celui-ci doit faire le deuil de son héros national.

Il a affirmé par voie de communiqué que l’histoire se souviendrait de Fidel Castro et «de l’impact énorme» de cette personnalité singulière.

S’il a noté que les relations entre les États-Unis et Cuba ont été marquées, pendant près de six décennies, par «des désaccords politiques profonds», Barack Obama a insisté sur le fait qu’il avait travaillé fort «pour laisser le passé derrière».

Son gouvernement sortant a initié, en 2014, une réouverture des relations entre les États-Unis et Cuba devant mener à la levée totale de l’embargo imposé en 1962.

Le président désigné Donald Trump s’est pour sa part montré critique à l’égard de Fidel Castro, qu’il a qualifié de «dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple pendant près de six décennies». Il a ajouté que son héritage en était un, notamment, de «pelotons d’exécution», «de souffrance inimaginable» et «de violation des droits humains fondamentaux».

M. Trump s’est néanmoins dit prêt à tout faire pour s’assurer que les Cubains puissent bientôt prendre «le chemin vers la prospérité et la liberté». Il a dit espérer que la mort de Fidel Castro «marque un pas» qui distancie le peuple cubain des «horreurs» du passé.

Le sénateur de la Floride Marco Rubio a pour sa part dit en entrevue à Fox News qu’il souhaite que les États-Unis n’envoient pas de représentant aux funérailles de Fidel Castro.

À Miami, en Floride, la mort de Fidel Castro a provoqué des manifestations de joie dans la communauté cubaine.

Dans la Petite Havane, des milliers de personnes sont descendues dans la rue, en pleine nuit, pour célébrer le décès du révolutionnaire et ancien dictateur du pays.

Sur la Calle Ocho, la communauté cubaine, dont plusieurs membres ont dû fuir Cuba, agitait des drapeaux cubains et jubilait au son de la musique salsa. Les automobilistes klaxonnaient et criaient «Cuba libre».

La police de Miami a dû bloquer l’accès à d’autres rues pour éviter des débordements.

À l’échelle mondiale

Plusieurs leaders mondiaux ont pour leur part salué de façon positive la vie de Fidel Castro.

Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a soutenu que Fidel Castro avait permis à Cuba de faire plusieurs progrès notamment en éducation, en alphabétisation et en santé. Il a du même souffle exprimé ses condoléances au peuple cubain, disant espérer que «Cuba continuera de progresser «sur le chemin la réforme et d’une plus grande prospérité».

M. Ban a rappelé qu’il avait rencontré Fidel Castro en janvier 2014, une rencontre où ils ont notamment abordé «le développement durable et la lutte aux changements climatique».

Le président français François Hollande a quant à lui souligné, par voie de communiqué, le legs historique que laisse dans son sillon le héros national cubain.

«Il avait incarné la révolution cubaine, dans les espoirs qu’elle avait suscités puis dans les désillusions qu’elle avait provoquées. Acteur de la guerre froide, il correspondait à une époque qui s’était achevée avec l’effondrement de l’Union Soviétique. Il avait su représenter pour les Cubains la fierté du rejet de la domination extérieure.»

Le président chinois, Xi Jinping, a soutenu que le dirigeant communiste avait «fait des contributions historiques immortelles pour le développement du socialisme dans le monde».

Dans un télégramme transmis à Raul Castro, le pape François a fait part de son «sentiment de chagrin». Le souverain pontife a lui-même signé le télégramme alors que de tels messages sont généralement envoyés par le secrétaire d’État du Vatican.

L’ancien président de l’ex-Union soviétique Mikhail Gorbatchev a déclaré que Fidel Castro a fait tout son possible «pour détruire le système colonial du 20e siècle».

Le président russe Vladimir Poutine a qualifié Fidel Castro «d’exemple inspirant de plusieurs pays et nations», rappelant qu’il était «un ami sincère et fidèle de la Russie».

Le président du Salvador, Sanchez Ceren, s’est dit profondément attristé de la mort «de son ami et éternel compagnon».

Le président mexicain Enrique Pena Nieto a souligné que Fidel Castro était un ami du Mexique, «respectueux du dialogue et de la solidarité».

Le gouvernement espagnol a rappelé que Fidel Castro était une figure «d’une énorme importance historique».

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a rappelé le départ il y a 60 ans de Fidel Castro du Mexique, accompagné de son frère Raul et de dizaines de partisans pour entamer la révolution cubaine.

Cecilia Maelstrom, membre de la Commission européenne responsable des relations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis, s’est quant à elle montrée critique quant à l’héritage laissé par le révolutionnaire cubain. «Fidel Castro était un dictateur qui a opprimé son peuple pendant 50 ans. (Il est) étrange d’entendre tous les éloges (à son égard) dans les médias aujourd’hui», a-t-elle écrit sur Twitter.

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