BAGDAD — Le parlement irakien a majoritairement voté pour la légalisation entière des milices chiites qui étaient jusqu’ici tolérées par l’État, samedi, ravivant des rivalités confessionnelles dans un contexte particulièrement sensible.

Les milices chiites ont été accusées à plusieurs reprises d’avoir violé les droits fondamentaux d’Irakiens sunnites, qui sont en situation de minorité en Irak.

La loi approuvée par 208 des 327 parlementaires confère aux milices chiites le statut de force gouvernementale engagée dans les luttes contre les menaces terroristes qui secouent l’Irak, notamment celle visant Daech (le groupe armé État islamique).

Les politiciens de confession sunnite ont aussitôt rejeté la législation, soutenant que celle-ci met en lumière la «dictature» exercée par la majorité chiite en Irak en dépit des promesses du gouvernement de faire preuve d’inclusion.

Plusieurs parlementaires sunnites ont d’ailleurs boycotté le vote.

L’un des trois vice-présidents de l’Irak et politicien sunnite de renom, Osam al-Nujaifi, a fait valoir que la majorité «n’a pas le droit de déterminer le sort de tous les autres».

Un porte-parole de l’une des plus importantes milices chiites, le Hezbollah irakien, a pour sa part salué la décision du parlement.

Selon le texte de loi diffusé par le Parlement, les milices chiites forment désormais un groupe «indépendant» au sein des forces armées irakiennes et elles devront répondre aux ordres du premier ministre.

Les milices chiites devront donc se soumettre aux mêmes règles militaires que les membres de l’armée à l’exception des dispositions qui concernent l’âge minimal et le niveau d’éducation nécessaire. Ils bénéficieront des mêmes salaires et pensions que les autres soldats, mais doivent se tenir à l’écart de toute forme de militantisme politique.

Cette nouvelle loi survient alors que l’armée irakienne tente de libérer Mossoul du contrôle du Daech. Les milices chiites ont jusqu’ici été écartées des opérations, mais la nouvelle loi risque d’attiser les doutes qu’ont plusieurs sunnites sur les intentions du gouvernement.

Quoi qu’il en soit, le haut politicien chiite Amar al-Hakin s’est montré rassurant, faisant valoir que plusieurs lois qui doivent être mises de l’avant par le premier ministre calmeront leurs craintes.

«La loi (votée samedi) crée un climat compatible à l’unité nationale», a-t-il dit sans fournir davantage de détails.

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