Fernando Medina/Associated Press La place de la Révolution, mardi soir

LA HAVANE — Des dirigeants politiques et des dizaines de milliers de Cubains se sont rassemblés sur la place de la Révolution, mardi soir, pour une cérémonie honorant Fidel Castro là où le leader cubain a livré des discours enflammés devant des foules immenses dans les années ayant suivi sa prise du pouvoir.

Les présidents du Mexique, de l’Équateur, de la Bolivie, du Venezuela, du Panama, de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe, de même que les dirigeants de plusieurs autres pays plus petits des Caraïbes, ont pris la route de La Havane pour saluer la mémoire de Fidel Castro, mort vendredi dernier à l’âge de 90 ans.

Le président sud-africain, Jacob Zuma, a salué le bilan des années de Fidel Castro à la tête de Cuba sur les soins de santé et l’éducation et le soutien du Lider maximo aux batailles d’indépendance en Afrique.

M. Zuma a déclaré à la foule qu’on se remémorerait Fidel Castro comme un «grand défenseur de l’idée selon laquelle les pauvres ont le droit de vivre avec dignité».

Le rassemblement s’est amorcé avec la projection d’images en noir et blanc datant de la révolution de Fidel Castro et d’autres guérilleros et l’interprétation de l’hymne national cubain. Le frère cadet de Fidel Castro et son successeur, le président Raul Castro, a fait le salut militaire.

Selon les médias du gouvernement cubain, une urne contenant les restes de Fidel Castro était conservée dans une pièce au ministère de la Défense où Raul Castro et les hauts responsables du Parti communiste avaient rendu leurs hommages à l’ancien dirigeant le soir précédent.

Au cours de la journée, les gens ont fait la queue pendant des heures en périphérie de la place de la Révolution. À La Havane et un peu partout à Cuba, des gens ont signé des livres de condoléances et un serment de fidélité à la proclamation de Fidel Castro de mai 2000 de la révolution cubaine comme une bataille sans fin pour le socialisme, le nationalisme et un rôle sans limites pour l’île sur la scène mondiale.

«Je ressens une profonde tristesse, mais une fierté immense à l’avoir eu près de moi», a dit Ana Beatriz Perez, une chercheure médicale âgée de 50 ans qui avançait lentement dans la foule avec l’aide de béquilles. «Le fait qu’il nous quitte physiquement nous donne la force de poursuivre dans la voie de son idéologie. Cela ne disparaît pas, car nous sommes des millions.»

«Son décès est une autre révolution», a ajouté son mari, Fidel Diaz, qui a prédit que cela amènerait bon nombre de personnes à «redécouvrir les idées du commandant pour les prochaines générations».

Plusieurs Cubains venaient de leur propre chef rendre hommage à Fidel Castro, mais des milliers étaient envoyés en groupes par le gouvernement communiste, qui emploie encore aujourd’hui environ 80 pour cent des travailleurs à Cuba malgré la croissance du secteur privé sous la gouverne de Raul Castro.

Depuis son décès, vendredi soir, journaux, radios et chaînes de télévision du gouvernement ne font que rendre hommage à Fidel Castro, diffusant en continu des images de ses discours, de ses entrevues et de ses voyages à l’étranger, entrecoupées de déclarations flatteuses de la part de personnalités cubaines.

Les écoles et les bureaux gouvernementaux cubains étaient fermés mardi pour une deuxième journée d’hommages à Fidel Castro.

Deux des principaux alliés idéologiques de Castro — les présidents vénézuélien Nicola Maduro et bolivien Evo Morales — se sont recueillis pendant un long moment devant un portrait d’un jeune Castro révolutionnaire. M. Morales a déclaré avoir perdu un frère et un ami.

Le gouvernement du pays a pressé les Cubains de réaffirmer leurs croyances envers le système socialiste à parti unique qui a de la difficulté, depuis quelques années, à susciter la même ferveur qu’au moment du triomphe de la révolution de 1959.

Les cendres du père de la révolution cubaine entameront mercredi une procession de trois jours qui retracera la marche de son armée de rebelles barbus depuis les monts de la Sierra Maestra jusqu’à la capitale. Ses cendres seront mises en terre dimanche au cimetière de Santa Ifigenia, à Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays.

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