MOSCOU — Adoptant un ton conciliant à l’occasion de son discours sur l’état de l’union, le président russe Vladimir Poutine a souhaité jeudi un rapprochement avec les États-Unis et une mise en commun des efforts dans la lutte au terrorisme.

Son discours témoigne de l’espoir de Moscou que l’élection de Donald Trump puisse aider à réparer des liens avec Washington qui ne se sont jamais portés aussi mal depuis la fin de la guerre froide en raison de la crise en Ukraine, de la guerre civile en Syrie et d’autres querelles.

M. Poutine a martelé que des relations amicales entre les deux superpuissances sont essentielles à la stabilité mondiale. Il a dit qu’une collaboration entre la Russie et les États-Unis pour régler des problèmes mondiaux et régionaux est dans l’intérêt primordial de toute la planète.

Le discours télévisé en direct de M. Poutine différait radicalement de certaines de ses récentes allocutions, pendant lesquelles il avait lancé des attaques sans merci contre les États-Unis et leurs alliés.

Le président russe a souligné pendant son discours que la Russie a été victime de plusieurs pressions étrangères, allant des allégations d’interférence avec des élections jusqu’au «mythe» de l’agression russe, avant de déclarer que son pays n’entretient malgré tout aucune rancoeur envers l’Occident et qu’il est ouvert à un dialogue sur un pied d’égalité dans les dossiers mondiaux.

M. Poutine a pris la parole devant une foule de dirigeants et de parlementaires russes de premier plan dans une salle somptueuse du Kremlin.

«Contrairement à nos collègues étrangers qui voient la Russie comme une ennemie, nous ne cherchons pas d’ennemis, a-t-il dit. Nous avons besoin d’amis. Mais nous ne tolérerons aucune atteinte à nos intérêts nationaux.»

M. Poutine a dit que la Russie est prête à collaborer avec la nouvelle administration américaine, et qu’elle espère mettre en commun avec les États-Unis ses efforts de lutte au terrorisme international.

Le président Poutine a précisé que des signes de croissance se manifestaient dans certains secteurs industriels de même qu’en agriculture et que cette tendance se poursuivrait en 2017.

Il a signalé qu’en 2016, la valeur des exportations agricoles russes surpassera les 16 milliards $ US, un montant plus élevé que la valeur des ventes d’armes à l’étranger.

En 2015, l’économie russe s’est contractée de 3,7 pour cent. La récession s’est poursuivie cette année, principalement en raison de l’effondrement des prix des hydrocarbures et des sanctions économiques appliquées par des pays occidentaux.

Le taux d’inflation, qui a oscillé autour 13 pour cent l’an dernier en Russie, devrait être de 6 pour cent cette année, selon le président Poutine.

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