Evan Vucci Evan Vucci / The Associated Press

WASHINGTON — Le général de la Marine à la retraite James Mattis, qui vient d’être nommé par le président désigné Donald Trump au poste de secrétaire à la Défense, aura besoin de plus qu’une confirmation du Sénat avant de pouvoir prendre place au Cabinet.

La loi américaine exige que les secrétaires à la Défense aient quitté l’armée depuis sept ans.

James Mattis, âgé de 66 ans, a pris sa retraite de l’armée en 2013 après avoir été à la tête du commandement central des États-Unis.

Cette exigence a été incluse dans la loi en 1947, lorsque le Congrès a statué qu’il fallait avoir quitté l’armée depuis dix ans avant de prendre poste au secrétariat à la Défense. Cela a été diminué à sept ans en 2008.

Mais il sera possible pour M. Mattis de régler ce problème: le Congrès peut adopter une loi pour contourner cette mesure. Actuellement, les deux chambres du Congrès sont contrôlées par le Parti républicain.

Le dernier cas du genre remonte à 1950, lorsque le général George Marshall avait été nommé par le président Harry Truman. Sa nomination avait rapidement été entérinée par le Congrès, mais certains sénateurs critiquaient le fait qu’un dirigeant miliaire soit responsable d’un poste réservé aux civils.

James Mattis détient une réputation de dur à cuire qui n’a pas la langue dans sa poche, d’où son surnom «Mad Dog».

Bien que son bilan au combat et ses compétences en tant que commandant soient généralement jugées positivement, M. Mattis a peu d’expérience liée à la diplomatie — un aspect important du travail de secrétaire à la Défense.

Richard Fontaine, le président du groupe de réflexion Center for a New American Security, a parlé de l’ancien général comme d’un intellectuel qui s’est distingué au combat.

«Il connaît le Moyen-Orient, l’Asie du Sud, l’OTAN et d’autres régions. Il a fait preuve d’une approche nuancée face aux guerres dans lesquelles nous sommes et connaît l’importance des alliés. S’il est nommé, je crois qu’il pourrait attirer plusieurs personnes très talentueuses avec lui», a-t-il écrit dans un échange de courriel.

Mais M. Mattis a connu son lot de controverses. Il a notamment été critiqué pour avoir avoué, en 2005, qu’il retirait du plaisir à abattre des gens.

«C’est très agréable de se battre (…) C’est agréable d’abattre certaines personnes. Je vais être très honnête avec vous, j’aime les bagarres», avait-il dit lors d’un rassemblement à San Diego.

Né à Pullman, dans l’État de Washington, M. Mattis s’est enrôlé dans la Marine américaine en 1969. Il a plus tard reçu un diplôme en histoire de la Central Washington University, avant d’être promu officier en 1972.

En tant que lieutenant-colonel, M. Mattis a mené le bataillon d’assaut au Koweït lors de la première guerre contre l’Irak en 1991.

Lorsqu’il a pris les commandes du commandement central des États-Unis en 2010 — jusqu’à sa retraite en 2013 — il était responsable des guerre en Irak et en Afghanistan.

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