BEYROUTH — Le régime du président syrien Bachar el-Assad a repris le contrôle total de la ville d’Alep, mettant fin à un siège de quatre ans après que les derniers insurgés et civils eurent abandonné ses ruines, jeudi.

Cette annonce a été diffusée sur la télévision syrienne peu après que le dernier convoi de quatre autocars eut quitté l’enclave rebelle d’Alep-Est, dans le nord du pays.

La chute de ce bastion de l’opposition marque un point charnière de la guerre civile en Syrie qui s’étire depuis maintenant près de six ans.

«Grâce au sang de nos martyrs héroïques, aux sacrifices et actes héroïques de nos forces armées et alliées, ainsi qu’à la ténacité de notre peuple, le Commandement général de l’armée et des forces armées annonce le retour de la sécurité et de la stabilité à Alep», a déclaré un général à la télévision d’État.

Ancien coeur commercial de la Syrie, Alep était déchirée entre les forces gouvernementales et rebelles depuis 2012, voyant ses quartiers ravagés par des affrontements meurtriers et des bombardements du régime.

La photo poignante d’un garçon de cinq ans, couvert de poussière et le front ensanglanté alors qu’il était assis à bord d’une ambulance, l’air hagard, est devenue une image emblématique de ce conflit impitoyable.

Les derniers mois de frappes russes et syriennes ont réduit les édifices, les hôpitaux et les écoles de l’enclave en ruines, fauchant de nombreux habitants qui tentaient pourtant de fuir et laissant ces cadavres sans sépulture.

35 000 personnes évacuées

L’évacuation des dernières zones d’appui aux insurgés s’est amorcée la semaine dernière grâce à une trêve négociée par la Russie et la Turquie.

Quelque 35 000 personnes ont pu quitter Alep-Est depuis le 15 décembre, a indiqué un porte-parole de l’ONU, Farhan Haq.

Il s’agit d’une victoire considérable pour le président Bachar el-Assad — et d’une défaite cinglante pour les opposants à son régime, qui ont ainsi renoncé à une importante source de fierté de leur ancienne expansion territoriale.

Le président El-Assad a affirmé que la «victoire» d’Alep en était une pour tous les pays s’attaquant au terrorisme, dont la Russie et l’Iran — de grands alliés de son gouvernement depuis l’éclatement de la guerre civile, en mars 2011. M. El-Assad aurait fait ces commentaires jeudi lors d’une rencontre avec le ministre adjoint des Affaires étrangères de l’Iran, Hossein Jaberi Ansari.

L’armée syrienne a renchéri en déclarant que la reprise d’Alep, qui est par ailleurs la ville la plus peuplée de Syrie, était un «tournant dans la guerre au terrorisme et un coup fatal envers le projet terroriste et ses partisans», de même qu’une «importante avancée» vers la fin de la guerre civile.

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