Daniele Bennati/Associated Press

MILAN — Le Tunisien soupçonné d’avoir foncé sur la foule dans un marché de Noël de Berlin a été abattu vendredi matin lors d’une fusillade avec la police de Milan, qui a mis fin à une chasse à l’homme déployée à l’échelle de l’Europe.

Des vérifications ont démontré «sans l’ombre d’un doute, que la personne abattue était Anis Amri, le suspect de l’attaque terroriste», a annoncé le ministre italien de l’Intérieur, Marco Minniti.

Daech (le groupe armé État islamique) a revendiqué la responsabilité de l’attaque survenue lundi, qui a fait 12 victimes et 56 blessés.

Une vidéo publiée par le groupe extrémiste montre d’ailleurs le suspect tunisien prêter allégeance à son dirigeant, Abou Bakr al-Baghdadi et s’engager à combattre ce qu’il appelle les «cochons en croisade». Sur les images, qui semble avoir été filmées par Anis Mari lui-même, il est présenté devant une passerelle au nord de Berlin, non loin d’où il aurait pris possession du camion qui lui a servi pour son attaque.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Anis Amri a été interpellé par deux policiers pour un contrôle de routine dans le quartier de Sesto San Giovanni, à Milan. Ils l’ont arrêté à l’extérieur d’une station de train qui était fermée à cette heure-là — il était environ 3 h, selon un responsable de l’unité antiterroriste de Milan qui a requis l’anonymat.

L’homme de 24 ans a sorti un fusil de son sac à dos après que les agents lui eurent demandé de montrer ses papiers et il a été abattu après un échange de coups de feu. L’un des policiers a été transporté à l’hôpital après avoir été blessé par balle, mais on ne craint pas pour sa vie.

Le chef de police de Milan, Antonio de Iesu, a expliqué que le suspect était passé par la France avant d’arriver en train à Milan, vers 1 h, vendredi. Il n’a pas fourni plus de détails sur ses déplacements pour ne pas nuire à l’enquête en cours.

Selon le représentant de l’unité antiterroriste, les autorités tentent de déterminer si le suspect avait des contacts à Milan. Il n’y a aucune preuve selon laquelle l’individu aurait déjà résidé à Milan lors de son précédent passage en Italie, où il a passé trois ans en prison après avoir quitté la Tunisie dans la foulée du «printemps arabe» de 2011.

Anis Amri avait été transféré plusieurs fois dans les prisons siciliennes en raison de son mauvais comportement, alors qu’il intimidait ses codétenus et qu’il tentait de provoquer des soulèvements.

Il a purgé une peine de prison de 3 ans et demi pour avoir allumé un incendie à un centre de réfugiés et avoir proféré des menaces. Mais l’Italie n’aurait détecté apparemment aucun signe de radicalisation.

Après avoir purgé sa peine, il avait quitté pour la Suisse, pour finalement s’établir en Allemagne il y a un an, selon sa mère.

Les autorités allemandes le voyaient toutefois comme une menace potentielle. Après avoir refusé sa demande d’asile, les autorités avaient tenté de le déporter, mais elles n’ont pas réussi parce que le jeune homme n’avait pas de papiers d’identification valides et que la Tunisie avait initialement nié qu’il était l’un de ses citoyens.

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