The Associated Press

MOSCOU — Un avion militaire russe qui se dirigeait vers la Syrie s’est abîmé en Mer Noire, dimanche, quelques minutes après son décollage de Sotchi.

Il n’y a aucun signe de survivants parmi les 92 personnes à bord, soit 84 passagers et huit membres d’équipage. Les secouristes avaient déjà repêché une dizaine de corps, dimanche en après-midi.

Le Tupolev 154, propriété du ministère russe de la Défense, transportait notamment 64 membres de la chorale Alexandrov, qui font partie des choeurs de l’Armée rouge. Ils se rendaient en Syrie pour donner un concert aux soldats russes, le 1er janvier, à la base de Hemeimeem, dans la province de Latakia.

Neuf journalistes, de trois réseaux de télévision, accompagnaient le groupe. La cause de l’écrasement n’est pas connue, mais un acte de terrorisme a déjà été exclu par les autorités russes. Selon un porte-parole du comité de la Défense au Parlement russe, un problème technique ou une erreur de pilotage pourrait être à l’origine de la tragédie.

Le ministre des Transports, Maxim Sokolov, a toutefois indiqué, plus tard, que les enquêteurs analysent toutes les possibilités, y compris celle d’un attentat terroriste.

Des membres des services d’urgence ont retrouvé des fragments de l’avion à environ 1,5 kilomètre de la rive. L’engin avait disparu des radars deux minutes après avoir décollé dans des conditions météorologiques favorables.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré, dans une allocution télévisée, que lundi serait une journée nationale de deuil. «Nous allons mener une enquête en profondeur sur les raisons (de cet incident) et nous ferons tout pour soutenir les familles des victimes», a-t-il assuré.

Une réputée médecin russe, la docteure Yelizaveta Glinka, très connue en Russie pour ses oeuvres caritatives et ses missions dans les zones de guerre en Ukraine et en Syrie, est également parmi les victimes présumées. Le président Vladimir Poutine lui avait rendu hommage au début de décembre.

Plus de 3000 personnes dépêchées à bord de 27 bateaux et de nombreux hélicoptères s’affairaient, dimanche, à fouiller le lieu de l’incident, a indiqué le ministère de la Défense. Des drones survolaient également la zone afin de repérer des débris et des corps.

Une centaine de plongeurs issus de différentes installations navales de Russie était également envoyée pour épauler les quelques plongeurs déjà présents.

De puissants projecteurs devaient être installés pour permettre la poursuite des recherches après le coucher du soleil.

«Aucun survivant n’a été vu», a dit un porte-parole du ministère de la Défense, le majordome général Igor Konashenkov. Un pilote d’essai reconnu, Magomed Tolboyev, a ajouté que les circonstances de l’écrasement portent à croire que toutes les personnes qui se trouvaient à bord de l’avion ont perdu la vie.

L’avion qui s’est écrasé a été conçu en 1983, mais avait subi des réparations en 2014, selon le ministère de la Défense.

Le chef du comité de la Défense au Parlement russe, Viktor Ozerov, ne croit pas qu’un attentat terroriste soit à la source de l’accident meurtrier. Il a dit exclure «totalement» ce scénario, selon l’agence de presse étatique RIA Novosti qui le cite.

Un ancien contrôleur russe de trafic aérien croit que l’accident découle d’un «impact externe» plutôt que d’un dysfonctionnement de l’engin.

Le chef d’orchestre et directeur des choeurs l’Armée Rouge, Valery Khalilov, se trouve parmi les victimes. «Perdre un collectif aussi grandiose d’un seul coup est une grande tragédie», a déclaré le chef du département culturel de la Ville de Moscou, Alexander Kibovsky, selon l’agence RIA Novosti.

De nombreux artistes et chanteurs ont livré des performances à la base militaire d’Hemeimeem, qui est, depuis septembre 2015, le principal quartier général des membres de l’armée russe qui orchestrent des frappes aériennes en Syrie.

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