Dan Balilty Dan Balilty / The Associated Press

JÉRUSALEM — Furieux de l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une résolution qui condamne la colonisation par des Juifs israéliens de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou fonde ses espoirs dans la future administration de Donald Trump aux États-Unis.

L’établissement de colonies juives dans des zones habitées par des Palestiniens n’a rien de mal, a-t-il réitéré dimanche, quelques jours après que les États-Unis se furent abstenus de mettre leur veto à la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Ce revers est un rappel brutal pour M. Nétanyahou que la majorité de la communauté internationale considère les colonies juives illégales.

Dans une série de déclarations faites depuis la tenue du vote de l’ONU, vendredi, le premier ministre israélien a vertement critiqué les États-Unis pour avoir laissé la résolution qu’il décrie être adoptée.

Prenant la parole devant son cabinet de ministres, dimanche, il a accusé l’administration de Barack Obama d’avoir «initié» la résolution en question, d’avoir «coordonné la formulation» employée et d’avoir «demandé» son adoption.

Dirigeant toute sa hargne contre les États-Unis — le plus proche allié d’Israël —, M. Néthanyahou a minimisé le rôle joué par les 14 autres pays qui ont donné leur approbation à la mesure, notamment la Russie, la Chine et de nombreux pays en développement.

«Ce même premier ministre nous dit que des dizaines d’États sont avec nous, a souligné l’ancien premier ministre Ehoud Barak. J’ai cherché du regard la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, la France. Où sont tous ces amis qui devaient se tenir à nos côtés?»

M. Néthanyahou écarte périodiquement toute critique à l’égard des colonies, faisant valoir que la dispute remonte bien au-delà de la guerre de 1967. Il plaide aussi qu’en 2005, lorsqu’Israël a démantelé ses colonies de la bande de Gaza, les militants du Hamas ont lancé des roquettes et se sont emparés du contrôle qu’exerçait le président Mahmoud Abbas sur ce territoire palestinien.

La résolution de l’ONU a une portée essentiellement symbolique, puisqu’elle ne fait mention d’aucune sanction ou mesure punitive envers Israël.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riad Malki, croit par ailleurs que M. Néthanyahou fait preuve de malhonnêteté en qualifiant la déclaration de l’ONU d’anti-Israël, faisant valoir que celle-ci porte uniquement sur les colonies.

M. Malki a dit espérer que l’affaire permette de faire avancer le dossier de la Palestine devant la Cour pénale internationale (CPI).

Le 15 janvier, la France doit tenir une conférence internationale sur le Proche-Orient au cours de laquelle des dizaines de pays participants pourraient donner leur aval à un plan de résolution du conflit israélo-palestinien.

Mais l’entrée en fonction de l’administration de Donald Trump aux États-Unis pourrait permettre à M. Néthanyahou de limiter les dégâts. Après le vote controversé de l’ONU, le président désigné a déclaré que «les choses seront différentes après le 20 janvier».

Il a d’ailleurs nommé un fervent sympathisant d’Israël et donateur aux colonies juives, le procureur David Friedman, au poste d’ambassadeur des États-Unis dans ce pays.

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