The Associated Press

MOSCOU — Alors que la Russie observait une journée de deuil national, lundi, en hommage aux 92 personnes qui ont perdu la vie dans un accident d’avion survenu dimanche matin, le Kremlin a minimisé la possibilité qu’une attaque terroriste soit à l’origine de l’écrasement.

L’appareil Tupolev 154, dont le ministère de la Défense était propriétaire, s’est abîmé dans la mer Noire à peine quelques minutes après son décollage de l’aéroport de Sotchi, dans le sud-ouest de la Russie, par des conditions météorologiques favorables.

L’appareil transportait notamment 64 membres de la chorale Alexandrov, qui font partie des choeurs de l’Armée rouge. Ils se rendaient en Syrie pour donner un concert aux soldats russes, le 1er janvier, à la base de Hemeimeem. Neuf journalistes accompagnaient le groupe.

Plus de 3500 personnes réparties sur 43 bateaux et 182 plongeurs passaient au peigne fin le site de l’écrasement et le long des côtes pour retrouver des corps et des débris. Des dizaines de drones et de deux sous-marins en eaux profondes sont aussi impliqués dans les recherches.

Les équipes de secours ont repêché 11 corps et d’autres restes humains qui ont été envoyés à Moscou, où l’identification aura lieu.

Quelques-uns des débris ont été récupérés, mais les plongeurs devraient retourner dans l’eau pour poursuivre leur travail, puisque les boîtes noires n’ont pas encore été retrouvées. Il sera difficile de les localiser puisque l’avion n’était pas muni de radiobalises, a indiqué le ministre russe des Transports, Maxim Sokolov.

Les représentants du Kremlin ont tenté d’écarter l’hypothèse selon laquelle une bombe aurait explosé à bord, mais certains experts de l’aviation soulignent qu’il s’agit d’une possibilité considérant l’absence de communication de la part de l’équipage avant l’accident et l’ampleur du territoire sur lequel sont répartis les débris.

Si l’hypothèse de la bombe s’avérait, il s’agirait d’une nouvelle très embarassante pour la Russie, dont la vulnérabilité serait mise en relief alors que Moscou se targue d’avoir conclu des avancées en Syrie contre les extrémistes aux côtés du président syrien Bachar el-Assad.

Le porte-parole du président Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a dit aux journalistes qu’une attaque était très peu plausible. Le ministre Maxim Sokolov, qui a supervisé les efforts de recherche, a affirmé que les enquêteurs investigaient davantage sur les possibilités d’un problème technique ou d’une erreur du pilote.

«De possibles défaillances…n’auraient certainement pas empêché l’équipage d’en faire état», a analysé Vitaly Andreyev, un ancien contrôleur aérien, en entrevue avec l’agence de presse RIA Novosti.

L’agence de renseignements FSB a abondé dans le même sens que le Kremlin, affirmant qu’elle n’avait trouvé «aucun signe ou preuve indiquant une possible attaque terroriste ou un sabotage à bord». Elle dit se concentrer maintenant sur plusieurs autres possibilités, dont une erreur du pilote, une quantité insuffisante de carburant, la présence possible d’objets externes dans le moteur ou un problème technique.

Aussi dans Monde :

blog comments powered by Disqus