Susan Walsh

WASHINGTON — Les républicains sont tous essentiellement d’accord à l’idée d’abroger la réforme de la santé du président Barack Obama, mais ils se montrent toutefois très divisés sur la manière de combler le vide de la loi surnommée «Obamacare».

Certains républicains se contenteraient de réviser et de changer l’image de la réforme en retirant ses sections les plus controversées, dont ses exigences pour que la majorité des Américains aient une assurance santé, mais en conservant les parties les plus populaires.

D’autres déchireraient complètement la Loi sur la protection des patients et les soins abordables et ne la remplaceraient pas par un autre texte législatif.

Le président désigné Donald Trump et les dirigeants républicains du Congrès devront unir leurs troupes pour apporter ces changements complexes qui affecteront la vie de millions d’Américains. Pour certaines personnes à la santé fragile, il s’agit littéralement d’une question de vie ou de mort.

Les républicains ont devant eux un «chemin très étroit» puisqu’ils doivent s’assurer de mesurer les impacts politiques tout en proposant une nouvelle loi viable, a souligné Grace-Marie Turner, du Galen Institute, un groupe de réflexion spécialisé sur les soins de santé.

Le succès n’est pas garanti et les républicains pourraient regretter de s’être présentés comme les pourfendeurs de l’Obamacare. Mais le président de la Commission des voies et moyens de la Chambre des Représentants, Kevin Brady, semble peu inquiet face à ce défi.

«C’est comme une réforme des impôts», a illustré le représentant républicain du Texas.

«Contrairement à Obamacare, qui a ravagé le marché individuel, cela sera fait volontairement et dans un échéancier approprié», a-t-il ajouté.

Les républicains disent qu’ils agiront rapidement pour abroger Obamacare, mais il suspendront la date de mise en place pour leur permettre d’élaborer une autre loi.

Voici un portrait des différentes factions au sein du Parti républicain sur l’avenir d’Obamacare:

—Réviser et changer l’image

Plusieurs républicains font discrètement partie du groupe qui souhaite une simple refonte de la réforme du président Obama. Les éléments controversés seraient retirés et les autres plus populaires seraient conservés, comme la protection des patients qui ont des conditions de santé préexistantes ou l’aide financière versée aux moins nantis. La communauté des affaires et des assurances, ainsi que plusieurs acteurs des milieux hospitalier et pharmaceutique font partie de ce groupe.

— Les «gardiens» du budget

Pour ces élus, l’abrogation de l’Obamacare n’est qu’un début. Ils voudraient aussi s’attaquer à Medicaid et Medicare — des programmes de santé pour les individus moins nantis et les aînés de 65 ans et plus. Ceux-ci estiment que les programmes de santé accroissent le déficit. Pour remédier aux iniquités, ils proposent d’augmenter les impôts. L’orateur de la Chambre des représentants, Paul Ryan, est le plus connu de cette faction et le vice-président Mike Pence est aussi proche de ces idées.

— La destruction complète d’Obamacare

Les élus les plus conservateurs voudraient «enlever Obamacare par les racines comme si (la loi) n’avait jamais existé», a soutenu le consultant politique républicain, Frank Luntz. C’est un sentiment partagé par les quelque 40 membres du «caucus liberté» de la Chambre des représentants. Ces élus considèrent que le gouvernement fédéral ne devrait pas être impliqué dans les soins de santé et que la loi de Barack Obama ne devrait pas être remplacée par quoi que ce soit.

— Les pragmatiques

Parmi tous les républicains, il y a un noyau de vétérans de la politique qui comprennent les difficultés d’élaborer un projet de loi de cette envergure et qui pourraient être ouverts à faire des compromis. Le sénateur du Tennessee, et la sénatrice Susan Collins, du Maine, sont des pragmatiques.

Aussi dans Monde :

blog comments powered by Disqus