Andrew Harnik Andrew Harnik / The Associated Press

JÉRUSALEM — Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a exprimé sa «profonde déception», mercredi, au sujet du discours du Secrétaire d’État américain John Kerry sur sa politique au Moyen-Orient, qu’il avait détaillée plus tôt au cours de la journée.

M. Nétanyahou s’est du même souffle engagé à travailler avec la future administration de Donald Trump pour limiter les répercussions qu’aura la résolution adoptée vendredi dernier par le Conseil de sécurité de l’ONU qui a déclaré illégales les colonies israéliennes.

Le premier ministre a fait cette déclaration incisive au cours d’une conférence de presse en fin de soirée, quelques heures après l’allocution de M. Kerry.

M. Nétanyahou, qui s’exprimait en anglais, a affirmé qu’Israël ne se laisserait pas «influencer par une mauvaise politique qui pourrait causer de gros gros dégâts», ajoutant que les Israéliens «n’ont pas besoin de recevoir des leçons sur l’importance de la paix par des leaders étrangers».

Le secrétaire d’État américain John Kerry avait vivement défendu, mercredi, la décision de l’administration Obama voulant que les États-Unis n’opposent par leur véto lors du vote du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’illégalité des colonies israéliennes.

M. Kerry, faisant fi de la colère d’Israël à la suite de l’abstention des États-Unis au vote de l’ONU, a soulevé des doutes sur le véritable engagement du premier ministre Benyamin Nétanyahou envers la solution à deux États, qui a été à la base de toute négociation sérieuse pour la paix au cours des dernières années. Bien que M. Nétanyahou ait affirmé qu’il croyait en la solution à deux États, M. Kerry a estimé que son gouvernement était «l’un des plus à droite de l’histoire d’Israël».

Dans son discours final élaborant sa vision sur la paix au Moyen-Orient, mercredi, M. Kerry a déclaré que «si le choix est celui d’un seul État, Israël peut être soit Juif, soit démocratique, il ne peut être les deux, et il ne connaîtra jamais véritablement la paix».

«Les États-Unis ont, en fait, voté selon nos valeurs, comme les administrations précédentes l’ont fait, a déclaré M. Kerry. Le vote aux Nations unies visait à préserver la solution à deux États. C’est ce que nous avions appuyé.»

Le secrétaire d’État a, en outre, assuré que Barack Obama ne prévoyait aucune «mauvaise surprise» d’adieu pour Israël, comme le craignait le pays. M. Kerry a expliqué que l’administration sortante ne ferait pas la promotion d’une résolution de l’ONU visant à dresser les paramètres d’une entente et ne reconnaîtrait pas le statut d’État de la Palestine.

«Je dois exprimer ma profonde déception quant au discours d’aujourd’hui (mercredi) de John Kerry, une déclaration qui était presqu’aussi déséquilibrée que la résolution anti-Israël qui a été adoptée par l’ONU la semaine dernière», a rétorqué M. Nétanyahou.

Il a accusé M. Kerry de faire fi des violences faites par des Palestiniens à l’endroit d’Israéliens depuis des décennies et de consacrer la majorité de son discours «à blâmer Israël pour l’absence de paix».

«Israël a hâte de travailler avec le président élu Donald Trump et avec le Congrès américain — tant avec les démocrates que les républicains, afin de minimiser les dommages causés par la résolution, et, éventuellement, afin de l’abolir», a ajouté dirigeant israélien.

Il a dit avoir bon espoir que l’administration américaine sortante cesse de s’en prendre à Israël au sein de l’ONU d’ici la fin de son mandat.

Le gouvernement d’Israël a manifesté sa colère après que les États-Unis se furent abstenus, la semaine dernière, de voter sur une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU déclarant que les colonies israéliennes violaient les lois internationales. M. Nétanyahou a accusé les États-Unis d’avoir collaboré avec les Palestiniens pour élaborer la résolution.

Les États-Unis ont nié ces accusations avec véhémence.

Le discours de John Kerry s’inscrit dans les tensions de plus en plus fortes entre les États-Unis et Israël qui marquent les derniers jours de la présidence de Barack Obama. Cette démonstration de discorde entre les deux alliés a également placé dans des camps opposés le président Barack Obama et son successeur, Donald Trump, qui appuie fermement M. Nétanyahou.

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