MONTEVIDEO, Uruguay — Le général Gregorio Alvarez, dernier leader de la dictature brutale des années 1970 et 1980 en Uruguay, est mort mercredi à l’âge de 91 ans, alors qu’il purgeait une peine pour violation des droits de la personne.

L’hôpital central des Forces armées dans la capitale de l’Uruguay a confirmé le décès.

Sous Gregorio Alvarez, l’Uruguay a fait partie de l’alliance secrète des dictatures sud-américaines connue sous le nom d’«opération Condor», avec laquelle des dirigeants militaires ont coopéré pour poursuivre et assassiner les dissidents des pays impliqués.

Gregorio Alvarez, lui-même fils de général, a participé au coup d’État de 1973 ayant permis de dissoudre le congrès après un coup de filet du gouvernement contre les rebelles marxistes qui tentaient de prendre le pouvoir de force.

Il est devenu chef de l’armée en 1978, avant de prendre la présidence en 1981. Son gouvernement a emprisonné des critiques et censuré la presse.

Gregorio Alvarez a finalement accepté de passer le pouvoir à un gouvernement civil élu en 1984.

Des centaines de présumés gauchistes ont été arrêtés et torturés pendant la dictature, et les historiens estiment que 180 Uruguayens ont été tués, la majeure partie pendant qu’ils étaient détenus par l’Argentine, alliée du gouvernement.

En 2009, Gregorio Alvarez a été condamné à 25 ans de prison pour son rôle dans la mort ou la disparition de 37 Uruguayens sous l’«opération Condor».

Au cours de son procès, il avait déclaré qu’il ne savait rien des présumés enlèvements illégaux et des disparitions.

Les procureurs avaient pour leur part avancé que la position du directeur au sein de l’armée, puis comme président, faisait en sorte qu’il aurait dû connaître le sort des prisonniers politiques.

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