The Associated Press Des civils irakiens quittent Mossoul après la reprise des combats.

MOSSOUL, Irak — Rompant une accalmie de deux semaines, les troupes irakiennes, appuyées par l’artillerie et les frappes aériennes de la coalition menée par les États-Unis, ont progressé dans l’est de Mossoul, jeudi, contre des positions de Daech (groupe armée État islamique).

Les forces spéciales ont fait des percées dans les quartiers de Karama et de Quds, alors que les troupes de l’armée irakienne et la police fédérale ont progressé dans les quartiers d’Intisar, de Salam et de Sumor, dans ce dernier bastion urbain toujours tenu par les extrémistes.

L’offensive pour reprendre Mossoul, amorcée il y a plus de deux mois, a été ralentie par la résistance farouche des militants, par la présence de civils prisonniers de leur demeure et par le mauvais temps.

Les «forces contre-terrorisme» avaient repris en début d’après-midi jeudi environ la moitié du quartier de Quds.

Dans un communiqué, la coalition menée par les États-Unis a soutenu que l’offensive de jeudi avait permis d’ouvrir deux nouveaux fronts à l’est de Mossoul, rendant plus ardue la capacité des militants de se ressourcer et de se mouvoir.

À la demande du gouvernement irakien, des avions de la coalition ont bombardé à nouveau, mardi, deux ponts qui enjambent le Tigre à Mossoul. La veille, le dernier pont qui traverse la deuxième ville du pays avait été «neutralisé», ce qui réduit la capacité des militants à se réapprovisionner ou à faire usage de véhicules piégés, a ajouté la coalition.

Les combats de jeudi ont surtout été menés par les forces spéciales, en provenance de l’est. Des troupes de l’armée régulière, au sud-est et au nord de Mossoul, ainsi que des policiers fédéraux à l’ouest n’ont pu progresser depuis des semaines. Ces troupes ont rencontré une résistance farouche des militants de Daech, qui se préparaient depuis plus de deux ans.

Même dans des secteurs repris aux partisans de Daech, les troupes irakiennes ont dû faire face à des attaques surprises, à des tirs de roquettes et à des attentats à la voiture piégée. Les extrémistes ont ainsi fait sauter plus de 900 véhicules piégés à Mossoul et aux alentours. Le commandant des forces spéciales dans l’est de Mossoul, le lieutenant-général Abdul-Wahab al-Saadi, a indiqué à l’Associated Press que 260 de ces attentats visaient ses hommes.

Il s’attend à ce que les forces irakiennes chassent les troupes de Daech de Mossoul et de la province de Nineve d’ici trois mois. Les autorités irakiennes avaient espéré atteindre cet objectif avant la fin de 2016.

Les troupes de Daech avaient pris le contrôle de Mossoul à l’été de 2014, en assurant aussi sa mainmise sur la majeure partie du nord et du centre de l’Irak. C’est d’ailleurs dans une mosquée de Mossoul que les leaders du groupe avaient proclamé la création de leur «califat». La ville compte encore aujourd’hui environ un million d’habitants, même si quelque 120 000 ont fui depuis le début de l’offensive le 17 octobre, selon les Nations unies.

Par ailleurs, des attentats séparés à Bagdad et dans les environs ont fait au moins 13 morts et 35 blessés, jeudi, selon la police.

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